Le Sheng Da, enregistré à Saint-Vincent, avait appareillé du port de Xiamen, dans le sud-est de la Chine, distant de 300 kilomètres de Taïwan.
Le porte-conteneurs a mis 17 heures pour rallier Kohsiung, où il devait rester six heures.
Il battait pavillon chinois à son arrivée, mais le drapeau a été amené lors de l’accostage. Douaniers et policiers ont inspecté le cargo, saluant au passage ses 22 membres d’équipage.
Un lot de conteneurs destinés à des pays tiers a été déchargé sur un centre de transbordement off shore, à proximité du port de Kaohsiung.
Les navires du continent n’ont toujours pas le droit de pénétrer dans la zone douanière de Taïwan.
«Je suis heureux d’être ici», a déclaré le capitaine du Sheng Da, Xu Yaofeng.
Un moyen de
pression pour Pékin
Les autorités taïwanaises ont autorisé cinq cargos chinois à effectuer des liaisons semi-directes. Pékin a en retour donné son feu vert à six compagnies de Taïwan pour des passages réguliers. Un deuxième cargo chinois est attendu à Kaohsiung dimanche. Le premier navire taïwanais devrait faire la traversée le 24 avril prochain.
L’essentiel du trafic maritime entre la Chine et Taïwan s’effectue via Hong Kong et les autorités de Taipei craignent que la rétrocession de la colonie britannique à la Chine, le 1er juillet prochain, ne remette en cause ce système.
La traversée du Sheng Da n’a d’importance que symbolique mais elle constitue, aux yeux des analystes, un moyen de pression pour amener Taipei à accepter des liaisons maritimes et aériennes sans intermédiaire.
Taïwan souhaite un «réchauffement» des relations politiques bilatérales avant l’établissement de liaisons commerciales directes avec Pékin.


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