Apple a annoncé une perte nette de 708 millions de dollars pendant le trimestre achevé fin mars. Un an auparavant, le fabricant des Macintosh avait perdu 740 millions de dollars.
En dix-huit mois, l’hémorragie a atteint 1,644 milliard.
Pourtant, l’équipe dirigeante a affiché un bel optimisme lors d’une conférence avec les analystes qui a suivi la publication des résultats financiers. «Le pire est maintenant derrière nous», a affirmé le PDG du groupe, Gilbert Amelio.
«Maintenant que nous avons traversé la période douloureuse, nous pouvons nous consacrer de nouveau à construire de beaux produits qui vont attirer les clients», a ajouté M. Amelio.
En mars, il a annoncé la suppression de 4.100 emplois sur 13.000 et l’abandon ou la cession de toutes les activités considérées comme non essentielles. Quelque 1.750 personnes ont déjà quitté l’entreprise.
Ce plan ainsi qu’un remaniement de la direction destiné à concentrer les efforts d’Apple sur ses marchés clefs (entreprises, édition et enseignement) devraient diminuer les coûts de 500 millions de dollars sur un an, a rappelé M. Amelio.
Les ventes ont continué de reculer au trimestre passé. Le chiffre d’affaires a rétréci à 1,6 milliard de dollars contre 2,1 milliards le trimestre précédent et 2,18 milliards un an auparavant. Apple a vendu 602.000 ordinateurs, un tiers de moins que fin 1996.
La société de Cupertino (Californie) s’enorgueillit aujourd’hui d’un carnet de commande «inhabituellement gonflé», selon son directeur financier, Fred Anderson. Fin mars, la firme à la pomme disposait de plus de 420 millions de dollars de commandes non exécutées.
Aussi, le groupe estime-t-il pouvoir enregistrer dès le printemps un chiffre d’affaires en hausse avec des pertes «nettement moindres». Le but de retour à l’équilibre d’ici l’automne est maintenu.
Les ordinateurs portables PowerBook, qui avaient largement contribué à la perte surprise de la fin 1996 en raison de problèmes technologiques sur d’anciennes versions, se vendent comme des petits pains et ont compté pour 25% du chiffre d’affaires.
Apple compte beaucoup sur les derniers-nés des PowerMac, les Macintosh haut de gamme destinés aux professionnels, qui constituent l’essentiel du carnet de commande. La demande, notamment de la part des éditeurs, est si forte que le constructeur n’a pas su y répondre.
Ces problèmes, dus à une carence de composants récurrents chez Apple, devraient maintenant être surmontés, a affirmé M. Amelio.
Le groupe a également une réponse à la mévente de ses ordinateurs pour le grand public, dont un grand nombre est resté en stock chez les détaillants. Ils s’agissait de vieux modèles, a expliqué le PDG. Le responsable compte sur l’enthousiasme que ne manqueront pas de susciter, selon lui, les nouveautés dont Apple a commencé cette année d’abreuver le marché.


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