«Selon nos informations, la direction du budget et la direction de la prévision du ministère des Finances (...) viennent d’adresser des simulations au gouvernement laissant entendre qu’à politique inchangée la France risque de dépasser assez sensiblement le seuil fatidique de 3% de déficits publics», écrit le journal.
«Le Monde», qui rappelle que le gouvernement a confirmé son engagement «à être, coûte que coûte, au rendez-vous de la monnaie unique», met en avant les difficultés qui se profilent à l’horizon: dépassement de 8 milliards de FF du déficit budgétaire 1996 et rentrées de TVA décevantes au cours des derniers mois de 1996 et en janvier et février 1997.
Le journal souligne que cette tendance, concernant la TVA, est «doublement préoccupante». «D’abord, elle confirme que la croissance française est beaucoup plus «tirée» par la demande étrangère que par la demande intérieure. Ensuite, qu’une partie de ces pertes de recettes fiscales est inexpliquée».
Enfin, et surtout, ajoute le journal, «il se confirme que le déficit de la Sécurité sociale risque de déraper au-delà des 30 milliards de FF prévus». Là encore, précise «Le Monde», «c’est la faiblesse de l’activité qui est en cause», indiquant par ailleurs que «l’objectif de réduction des déficits publics aurait été calculé sur la base d’une progression de l’ordre de 4% de la masse salariale, alors que l’on serait actuellement sur une pente des seulement 3%».
Le premier ministre Alain Juppé, recevant les principaux responsables des groupes parlementaires de la majorité en prévision du débat d’orientation budgétaire qui doit avoir lieu les 13 et 14 mai à l’Assemblée nationale, aurait confirmé que le gel de 10 mds de FF de crédits budgétaires, évoqué à un moment, serait affectif.
«A ce rythme-là, quels seraient les déficits publics en fin d’année? Pourraient-ils atteindre 3,4% ou 3,5%, voire plus? s’interroge «Le Monde», qui signale que le «gouvernement entend prendre toutes les «mesures adéquates», comme l’a dit Jean Arthuis, pour contenir cette dérive».
... et crever le seuil
fixé par Maastricht
pour l’Italie
La Commission européenne estime que le déficit italien dépassera légèrement en 1997 le seuil de 3,0% du PIB prévu par le traité de Maastricht pour la participation à la monnaie unique, à 3,2% du PIB,, a-t-on appris vendredi de source communautaire.
En revanche, le déficit allemand sera «probablement exactement là où il doit être», a-t-on souligné de même source.
L’exécutif européen doit présenter mercredi prochain ses prévisions économiques pour 1997, dont les performances seront prises en compte pour sélectionner les participants à l’Union économique et monétaire (UEM) fin avril ou début mai 1998.
Les spéculations vont bon train depuis plusieurs semaines sur la possibilité pour certains pays, dont l’Italie et l’Allemagne, de réduire leurs déficits à temps.
Un projet de rapport basé sur des données arrêtées au 25 mars et rendu public par la presse portugaise le 10 avril dernier prévoyait que trois pays auraient en 1997 un déficit supérieur à 3,0%, la Grèce, l’Italie et l’Allemagne.
Mais le chiffre qui était alors prévu pour l’Italie — 3,8% du PIB — ne tenait pas compte du mini-budget adopté par Rome: la correction a été effectuée mais, trois jours avant la publication des prévisions, la Commission ne pense toujours pas que cela permettra à l’Italie de respecter le chiffre de 3,0%.
Dans le cas de l’Allemagne, la Commission, qui prévoyait fin mars un déficit de 3,2% en 1997, estime désormais que Bonn parviendra à assainir ses comptes à temps pour l’UEM.
Ces chiffres sont encore susceptibles de changer avant mercredi et seront examinés par le comité monétaire européen mardi prochain.


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