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Actualités - Chronologie

L'assassinat du chef de la police crée un profond malaise en Serbie

BELGRADE, 15 Avril (AFP). – L’assassinat de sang-froid la semaine dernière du chef de la police du président Slobodan Milosevic, le général Radovan Stojicic, a créé en Serbie un climat d’insécurité et montré la vulnérabilité des dignitaires du régime.
Radovan Stojicic, dit «Badza», 46 ans, un des hommes les plus proches du président, a été abattu vendredi d’une rafale d’arme automatique par un individu cagoulé, dans un restaurant en plein centre de Belgrade.
Quatre jours après l’attentat, la police ne semblait engagée sur aucune piste sérieuse et la discrétion qui entourait son enquête donnait libre cours aux hypothèses les plus variées, évoquées par la presse indépendante: vengeance de la mafia, acte terroriste de séparatistes albanais du Kosovo ou d’extrémistes croates, voire règlement de comptes au sein même de la police.
L’assassinat du général Stojicic témoigne d’une montée inquiétante de la criminalité en Serbie où l’on enregistre en moyenne quatre meurtres par semaine et où 15 policiers ont été tués en cinq ans.
Mais jamais personne ne s’était attaqué à une personnalité d’un rang aussi élevé.
Cet acte éveille chez chacun des craintes pour sa sécurité, en même temps qu’il discrédite une police évaluée à 130.000 hommes armés jusqu’aux dents, que le général Stojicic considérait comme «l’une des plus efficaces d’Europe», bien que l’on ignore toujours, par exemple, qui a abattu il y a six mois un inspecteur de police, Dragan Radisic, devant son domicile à Belgrade.
«Cet attentat contre un vice-ministre de l’Intérieur et chef de la sécurité publique est probablement un signe de criminalisation de notre société», estime Dobrivoje Radovanovic, directeur de l’Institut yougoslave de recherches criminologiques et sociologiques.

Vent de panique

Malgré les dénégations des responsables de la police, le crime organisé existe en Yougoslavie, selon M. Radovanovic qui émet, dans le quotidien Nasa Borba, deux hypothèses sur l’assassinat du général: un acte de vengeance d’un hors-la-loi «utilisé» par la police, ou l’œuvre du crime organisé.
Un ancien inspecteur de la sécurité d’Etat, Boza Spasic, aujourd’hui détective privé, avance en outre l’hypothèse de la vengeance, celle d’une affaire dans laquelle aurait été impliqué le fils de la victime, Vojislav Stojicic, 18 ans.
«J’ai entendu dire dans le milieu que le fils de Badza avait eu pas mal de problèmes, et il n’est pas exclu que la vengeance vienne de ce côté là», a-t-il dit dans une interview au quotidien Dnevni Telegraf.
Un ancien policier qui a requis l’anonymat, cité par Nasa Borba, n’exclut pas que le général Stojicic ait pu être un témoin gênant.
«Badza devait posséder beaucoup de dossiers et de documents secrets», a-t-il noté en faisant état d’un «vent de panique» qui aurait gagné les rangs de la police.
Un commentateur, Marko Lopusina, cité par Dnevni Telegraf, montre du doigt les Albanais du Kosovo, qui réclament l’indépendance, ainsi que les extrémistes croates.
Il rappelle que le général Stojicic avait maté il y a sept ans une grève de mineurs albanais et démantelé une «organisation terroriste» au Kosovo.
Auteur d’une «Histoire officieuse de la police secrète yougoslave», M. Lopusina estime que les «oustachis» croates auraient des raisons de se venger. «Stojicic a dirigé des formations paramilitaires serbes à Vukovar», ville de l’est de Croatie détruite par les Serbes après trois mois de siège en 1991, rappelle-t-il.
«Qui est le suivant?» se demandait lundi l’éditorialiste du quotidien Gradjanin, Aleksandar Tijanic, un ancien proche du président Milosevic, mis à l’écart l’an dernier.
«L’assassinat (de Stojicic) devait démontrer la toute puissance de ceux qui l’ont commandité et servir d’avertissement à certains, voire au système tout entier», selon lui.
BELGRADE, 15 Avril (AFP). – L’assassinat de sang-froid la semaine dernière du chef de la police du président Slobodan Milosevic, le général Radovan Stojicic, a créé en Serbie un climat d’insécurité et montré la vulnérabilité des dignitaires du régime.Radovan Stojicic, dit «Badza», 46 ans, un des hommes les plus proches du président, a été abattu vendredi d’une rafale d’arme automatique par un individu cagoulé, dans un restaurant en plein centre de Belgrade.Quatre jours après l’attentat, la police ne semblait engagée sur aucune piste sérieuse et la discrétion qui entourait son enquête donnait libre cours aux hypothèses les plus variées, évoquées par la presse indépendante: vengeance de la mafia, acte terroriste de séparatistes albanais du Kosovo ou d’extrémistes croates, voire règlement de...