La Suzuki officielle a devancé deux Yamaha également officielles. La première, à dix tours du vainqueur, était pilotée par les Français Jean-Marc Delétang et Jean-Philippe Ruggia, associés au Suédois Christer Lindholm.
Les Français Jean-Louis Battistini et Eric Mahé, aux côtés du Japonais Norihiko Fujiwara, ont forcé leur talent à la fin de la course pour ravir la troisième marche du podium à une Kawasaki privée.
«Ça fait longtemps qu’on court après cette victoire. Ça fait vraiment plaisir», a exulté Juan-Eric Gomez, 26 ans. «C’est fantastique. Je me suis bien amusé, mais les dernières minutes ont été longues», a ajouté Doug Polen, 36 ans, double champion du monde de superbike, qui disputait l’épreuve pour la première fois.
Le patron de l’écurie, Dominique Méliand, vieil habitué du Bugatti où il n’avait jamais encore pu imposer ses machines, était visiblement très ému.
Le Mans s’était offert trois fois à une Suzuki par le passé, la dernière fois en 1985.
578 tours en tête
Impressionnante de régularité et de fiabilité, la moto victorieuse a pris le commandement de la course à 20h45, samedi, après s’être portée aux avant-postes dès les premiers tours de piste, et l’a conservé jusqu’au bout, pendant 578 tours consécutifs.
Le meilleur départ avait été pris par la seule Honda officielle des Français Jean-Michel Mattioli et Christian Lavieille, associés au Canadien Miguel Duhamel.
Victime d’une des nombreuses chutes qui ont émaillé la compétition — la course a été neutralisée à trois reprises, la première fois seulement 13 minutes après le départ — Jean-Michel Mattioli était mis hors-jeu en soirée, scaphoïde fracturé.
La nuit sonnait le glas des espoirs de l’écurie qui jetait l’éponge une minute avant la mi-course, boîte de vitesse cassée.
La lutte opposait alors la Suzuki de tête à la Kawasaki officielle de l’Italien Piergiorgio Bontempi, du Britannique Brian Morrison, champion du monde de la discipline en titre, et du Français Jehan d’Orgeix, tenants du titre.
D’Orgeix avait affiché d’emblée les ambitions de l’écurie verte à un deuxième titre consécutif en réalisant le meilleur temps aux essais. Bontempi signait pour sa part le meilleur temps au tour en course, en 1’45’’695.
Mais en début de matinée vers 09h15 (07h15 GMT), une fumée blanche s’échappait de la moto qui était contrainte à l’abandon, moteur cassé.
Yamaha, dont les deux machines a également chuté au cours de l’épreuve, profitait de la mauvaise fortune de Kawasaki pour prendre les places d’honneur, avec une sévère bagarre pour la troisième place dans le dernier quart d’heure.
Outre les chutes liées pour la plupart à des fuites d’huile sur la piste, cette édition des 24 Heures du Mans a été marquée par une nuit très fraîche, le thermomètre étant tombé à +4° C.
Quinze abandons seulement ont toutefois été enregistrés pour 55 équipages au départ.
L’ambiance était beaucoup plus chaude parmi les quelque 80.000 spectateurs attendus par les organisateurs, qui avaient cette année encore prévu des attractions gratuites pour éviter que la foule se disperse en ville et que des drames similaires à ceux de 1992 — neuf morts dans des accidents, la plupart liés à l’alcool — se reproduisent.
Les services de secours ont effectué une centaine de sorties de plus que l’année précédente et 28 accidents, dont un mortel, ont été recensés, mais la préfecture estimait que la fête s’était déroulée dans de bonnes conditions, sans débordement.
Classement:
1. Gomez-Polen-Goddard (Fra-USA-Aus/Suzuki) 758 tours à 140,160 km/h de moyenne
2. Delétang-Ruggia-Tindholm (Fra-Fra-Suè/Yamaha) à 10 tours
3. Mahé-Fujiwara-Battistini (Fra-Jap-Fra/Yamaha) à 18 tours
4. Guyot-Lussiana-Siméon (Fra-Fra-Bel/Kawasaki) à 18 tours
5. Dobé-Haquin-Cortinovis (Fra/Kawasaki) à 24 tours


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