Sur ce rayonnement régional à partir du Liban, pays pilier de la francophonie, M. Eric Garnier, président de CITCOM en visite au Liban, axe ses propos. Il est d’ailleurs à noter dans ce sens que M. Garnier figurait parmi les intervenants au colloque sur les «autoroutes de l’information» organisé sur trois jours au Bristol et qui a clôturé hier ses travaux (voir «L’Orient-Le Jour» du jeudi 10 avril).
Liaisons, sans
déplacements,
entre USJ et
Paris-Dauphine
Evoquant l’activité de CITCOM, M. Garnier explique que la filiale emploie 150 personnes, des ingénieurs à 90%, animés par l’esprit du service à valeur ajoutée. L’offre proposée en est une d’ingénierie et de montage de solutions dans les domaines professionnels de l’éducation-formation, des services administratifs et de la santé, au niveau national et international. «Nous ciblons le marché des prescripteurs, note M. Garnier, et non le grand public. Autrement dit, un réseau d’intermédiaires qui sont les institutionnels-prescripteurs pour des utilisateurs finaux».
CITCOM propose trois composantes d’intervention: — un métier étude et conseil aux utilisateurs,
— un métier d’accompagnateur plus le soutien aux utilisateurs dans la définition de leur projet,
— un métier de fournisseur de services une fois que le projet est lancé (l’intervention peut consister en un seul aspect ou comprendre les trois aspects. Cela, même si les trois métiers ont une logique commune).
Concernant le volet de l’éducation à distance et de l’enseignement (qu’il est prévu de développer particulièrement au Liban) il répond au souci d’utiliser les nouvelles technologies, qui sont autant d’outils au service de l’enseignant, de la manière la plus transparente possible. C’est ainsi que le réseau CITCOM a vu le jour. Fournissant une architecture complète de visio-enseignement, il offre aux utilisateurs, des formations distantes, sans tenir compte des contraintes géographiques. Grâce au réseau national et international de Visio Centres, les échanges de compétences deviennent possibles entre plusieurs sites et de façon simultanée. Les utilisateurs concernés sont les collectivités et institutions de formation. Les intérêts pratiques sont multiples ainsi que les retombées sur le marché de l’emploi en raison du rapprochement que le système entraîne.
Aussi ce système a pour avantage de permettre aux professionnels d’avoir accès à des modules de formation sans quitter leurs entreprises.
Les usages déjà définis de Visio Liban (mais attention ils sont appelés à être étendus suite à l’identification des besoins et demandes) consistent à satisfaire des besoins d’échange avec certaines universités parisiennes et grandes écoles françaises ainsi que des échanges entre le Liban et des partenaires institutionnels français notamment le ministère des Finances. Cela, en notant que l’on en est, à la phase actuelle, à affiner le panel des usages.
Evoquant l’utilité du Visio Centre, M. Dominique Roux, professeur et responsable du DESS «gestion des télécommunications» à l’Université de Paris-Dauphine affirme que, «grâce au Visio Centre, des professeurs de Paris-Dauphine vont pouvoir dispenser leur enseignement sans se déplacer ou du moins en minimisant les déplacements. C’est ainsi que nous comptons prochainement organiser des liaisons avec l’Université Saint-Joseph de Beyrouth et nous espérons qu’à terme, le contraire sera possible, et que nos étudiants pourront à leur tour bénéficier des compétences de nos collègues étrangers».
Transfert de Know
How et accompagnement
de Visio Liban
Et l’on ambitionne de démarrer le plus rapidement possible, voire en septembre-octobre 1997 (un calendrier de mise en œuvre serait opérationnel en mai-juin). Certains modules sont déjà montés, certains autres sont prévus et des demandes sont à l’étude provenant de secteurs professionnels variés comme les médecins et les architectes.
M. Garnier souligne à ce propos: «Cela s’inscrit dans la fidélité de l’esprit des autoroutes de l’information que de former les gens en termes d’internet, d’intranet».
Comme il est possible de les former par le biais de Visio Liban, à la protection de l’environnement.
Les possibilités d’utilisation sont diverses. Elles seront déterminées en fonction des besoins du marché, soit sous forme de Visio séminaires (un à deux jours), de Visio Programmes (formation à distance de longue durée fondée sur un cycle de cours aboutissant à la remise d’un diplôme) ou autres (conférences..).
Au jour d’aujourd’hui, le réseau CITCOM a offert et offre son expertise à une quarantaine d’universités, chambres de commerce ou collectivités équipées, pour le seul volet des systèmes dédiés à l’éducation. Quant à la présence internationale «nous avons ouvert deux centres en Grèce, note M. Garnier, trois centres au Portugal, deux au Maroc, un en Algérie, un en Côte-d’Ivoire, un en Allemagne, un en Hongrie, et bien d’autres».
L’un des problèmes majeurs rencontrés au Liban consiste à trouver des infrastructures permettant une qualité d’interactivité. Un autre problème se trouve posé par le coût des télécommunications. Il faut dans ce sens espérer une diminution des coûts de trafic, condition de viabilité économique pour le projet.
Il est enfin à noter que CITCOM opère à la société autonome Visio Liban un transfert de Know How et l’accompagnera pendant les deux premières années. Ce partenariat a pour objectif un rayonnement régional et international.
Nayla ABIKARAM

