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Actualités - Chronologie

Un tandem atypique pour piloter Suez-Lyonnaise

PARIS, 10 Avril (Reuter). — Le groupe qui va naître du rapprochement entre la Lyonnaise des Eaux et la Compagnie de Suez sera piloté par un tandem atypique formé de Jérôme Monod et de Gérard Mestrallet.
Le premier, P-DG de la Lyonnaise des Eaux, prendra la présidence du conseil de surveillance du groupe Suez-Lyonnaise, dont la naissance sera officiellement annoncée vendredi, tandis que le second, P-DG de Suez, présidera le directoire.
Jérôme Monod, 66 ans, et Gérard Mestrallet, 48 ans, ont des personnalités opposées, même si leurs parcours sont similaires.
Le P-DG de la Lyonnaise, dont le mandat devait s’achever l’année prochaine, a dû opter pour la mise en place d’un conseil de surveillance et d’un directoire sous la pression de certains actionnaires de Suez, dit-on de source proche du dossier.
«Il tenait à cette fusion. Pour éviter que la question de sa succession affecte ce processus, il a préféré cette solution».
A son nouveau poste, il n’entend pas rester inerte et souhaite suivre le développement international du groupe de services aux collectivités, ajoute-t-on en précisant que le terme de «super-ambassadeur» serait réducteur.
Certains observateurs estiment que des frictions sont possibles entre Jérôme Monod et Gérard Mestrallet. Mais les entourages des deux hommes démentent une telle éventualité.
«Ils s’estiment et s’entendent très bien»: la même formule est utilisée chez Suez comme à la Lyonnaise des Eaux.
Un dirigeant proche des deux hommes pense que la coopération devrait bien se dérouler. «L’un est de centre-droit et l’autre de centre-gauche. Les deux sont dans les affaires et donc pratiquent l’œcuménisme. Ils s’entendent bien. Depuis la crise de Suez en 1995, les deux hommes ont appris à travailler ensemble; ils s’estiment», dit-il sous couvert d’anonymat.
S’agissant de la personnalité de chacun, ceux qui ont l’habitude de côtoyer les deux hommes notent que Jérôme Monod est «volontaire», «plein d’allant» et «décidé» alors que Gérard Mestrallet est «plus réfléchi» mais «obstiné».
«Jérôme Monod a ce côté protestant qui le rend un peu rude. Il a un ton un peu cassant parfois. Gérard Mestrallet est plus en retrait», dit le dirigeant proche des deux hommes.
Les personnes interrogées notent qu’ils mettront un point d’honneur à réussir la naissance du nouveau groupe baptisé Suez-Lyonnaise des Eaux et qui sera opérationnel en juin.
Suez-Lyonnaise pèsera plus de 200 milliards de FF de chiffre d’affaires, principalement dans les services aux collectivités, et sa capitalisation boursière approchera 80 milliards de FF.
Comme bon nombre de dirigeants de grandes entreprises en France, Jérôme Monod et Gérard Mestrallet sont tous deux anciens élèves de l’ENA et sont tous deux passés par les cabinets ministériels mais pas dans le même camp politique.
Après avoir été conseiller notamment du premier ministre gaulliste Michel Debré entre 1959 et 1962, Jérôme Monod a dirigé le Datar (Direction de l’aménagement du territoire et de l’action régionale) à la fin des années 1960.
En 1975, il retourne à l’Hôtel Matignon comme directeur de cabinet du premier ministre Jacques Chirac. En 1976, il participe aux côtés de l’actuel chef de l’Etat à la création du Rassemblement pour la République (RPR) dont il devient secrétaire général. Les deux hommes sont restés proches.
Jérôme Monod part ensuite dans le privé. Il entre en 1979 à la Lyonnaise des Eaux et de l’éclairage, dont il prend la présidence l’année suivante. Au bout de 10 ans, cette société semble ne plus convenir à ses ambitions et il veut grandir face à la Générale des Eaux, la rivale de toujours.
En 1990, il rachète Dumez. Mais quelques mois plus tard l’immobilier et la construction s’effondrent, pesant durablement sur les comptes du nouveau groupe Lyonnaise-Dumez.
Dans un entretien publié la semaine dernière par Le Nouvel Observateur, Jérôme Monod défend cette acquisition: «La fusion nous a fait doubler de taille, nous avons gagné des années de croissance et un nouvel état d’esprit conquérant».
A l’issue de la fusion avec Suez, il dépassera très largement la Générale des Eaux dans les services.
Comme sa rivale, Suez-Lyonnaise aura à sa tête un quadragénaire avec Gérard Mestrallet.
Polytechnicien, ingénieur de l’aviation civile et énarque, ce dernier rejoint le socialiste Jacques Delors au ministère des Finances en 1982, au début du premier septennat de François Mitterrand, pour suivre les affaires industrielles.
Entré chez Suez comme chargé de mission en 1984, il a gravi depuis tous les échelons du groupe, avec notamment un passage remarqué à la tête de la Société générale de Belgique (SGB), détenue à 63% par Suez. Selon des proches du dossier, son séjour en Belgique a été très utile pour rassurer les autorités de ce pays sur l’autonomie future de la société énergétique Tractebel, contrôlée à 65% par SGB.
A la tête de la Compagnie de la rue d’Astorg, il a nettoyé les comptes, épongeant les pertes de l’immobilier et cédant certains actifs, comme la Banque Indosuez.
PARIS, 10 Avril (Reuter). — Le groupe qui va naître du rapprochement entre la Lyonnaise des Eaux et la Compagnie de Suez sera piloté par un tandem atypique formé de Jérôme Monod et de Gérard Mestrallet.Le premier, P-DG de la Lyonnaise des Eaux, prendra la présidence du conseil de surveillance du groupe Suez-Lyonnaise, dont la naissance sera officiellement annoncée vendredi, tandis que le second, P-DG de Suez, présidera le directoire.Jérôme Monod, 66 ans, et Gérard Mestrallet, 48 ans, ont des personnalités opposées, même si leurs parcours sont similaires.Le P-DG de la Lyonnaise, dont le mandat devait s’achever l’année prochaine, a dû opter pour la mise en place d’un conseil de surveillance et d’un directoire sous la pression de certains actionnaires de Suez, dit-on de source proche du dossier.«Il tenait à...