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Actualités - Chronologie

Les zones industrielles en question

La politique des «zones industrielles», instaurée par le gouvernement de M. Hariri, témoigne certes de la prise de conscience de la nécessité de revitaliser ce secteur. Mais pour ambitieuse qu’elle est, la mise en place de cette politique élaborée par l’IDAL, le conseil pour le développement des investissements au Liban, n’en soulève pas moins une série de problèmes. Plus exactement, il convient de dire que la mise en place des «zones industrielles» telles que décidées lève le voile sur ces problèmes en question, qui se ramènent, dans l’ensemble, à des exigences environnementales et de sauvegarde du patrimoine.

Equipées et paysagées, en référence aux expériences étrangères, les nouvelles zones industrielles sont «stratégiquement» localisées (selon l’expression employée par l’IDAL) sur l’ensemble du territoire libanais.
Ainsi, pour l’ensemble du Liban-Sud, deux zones nouvelles équipées et de taille importante (au total 100 hectares environ) seront créées dans les régions de Babliyé et de Mazraat-Bsafour (milieu rural, susceptibles d’accueillir tout type d’industrie à l’exclusion des industries lourdes à Mazraat-Bsafour).
Des zones nouvelles de petite taille (20 hectares environ) destinées à accueillir des PMI (petites et moyennes industries) sont prévues à l’extrême sud du caza de Tyr, et dans les régions de Bint Jbeil, Khiam et Hasbaya.
Pour le Liban-Nord, une zone nouvelle équipée et de taille importante (100 hectares environ) est à l’étude dans la région de Hamat (tous types d’industries peu polluantes).
Aussi, une zone nouvelle de petite taille (20 hectares environ) est réalisée en prolongement de la «zone franche» industrielle de Kleiat, près de l’aéroport, dans la plaine du Akkar.
Quant à la Békaa, il est prévu de créer deux zones nouvelles, Meksé et Safra, situées au sud de Chtaura. Ainsi qu’une zone à Majdel-Anjar (des industries liées aux activités agricoles) et plusieurs zones nouvelles de petite taille (20 à 30 hectares environ) sont prévues dans les régions de Rachaya, Jeb Janine, Ras-Baalbeck et Hermel.
Concernant le Mont-Liban, un «pôle important destiné à accueillir les nouvelles industries du Grand-Beyrouth» (plus de 400 hectares) a été créé au sud de la capitale à Choueifat-Bchamoun et Kfarchima.
Trois zones nouvelles sont prévues dans le Chouf (d’environ 20 hectares chacune).

Les nouvelles industries: une
situation avantageuse

Des mesures particulières, dont d’ordre fiscal, sont prévues pour encourager l’installation de nouvelles usines au Liban. Et notamment, une exonération de l’impôt sur le revenu pour une durée de 10 ans à compter de la date du début de production, prévue pour les bénéfices des établissements industriels créés au Liban à partir de l’année 1980, à condition qu’ils aient pour objectif la fabrication de marchandises et de produits nouveaux (mais rien n’a été définitivement décidé dans ce sens jusqu’à présent). Bien entendu, ces établissements doivent être implantés dans les nouvelles zones que le gouvernement désire développer.
Face à cette nouvelle situation, la question qui se pose est celle de l’avenir des industries et des zones industrielles existantes (voir encadré).
Certes, on a assisté pendant les 17 ans de guerre à une prolifération chaotique, voire sauvage, de certaines industries dans toutes les régions libanaises, au mépris de la plus élémentaire des exigences urbanistiques.
Cela, d’autant plus que l’on en est resté à une classification par activités industrielles absolument obsolète. Partant de cette constatation, le gouvernement a donc entrepris cette nouvelle politique. Parallèlement d’ailleurs, l’IDAL est en phase d’achever l’élaboration d’une nouvelle classification industrielle, par secteurs d’activités, selon les normes de la CEE.
Entre-temps, certaines mesures sont prises à l’effet d’endiguer les «contraventions» effectuées pendant la guerre. Ainsi par exemple l’on a interdit à des industries créées dans des régions non classifiées comme régions industrielles de pratiquer des travaux d’extension (comme à Roumié dans le Metn, par exemple).
Aussi et par souci de préserver ce qui reste de la montagne libanaise, l’IDAL a révisé à la baisse le coefficient d’exploitation dans certaines régions (comme à Ghazir dans le Kesrouan) pour empêcher la création d’industries défigurant le paysage. M. Youssef Choucair, président de l’IDAL, précise à cet égard que le coefficient a été révisé conformément à ce qui est fixé dans des pays où les montagnes ressemblent aux nôtres dont l’Italie, la France, la Grande-Bretagne, la Hollande et l’Espagne.
Lorsqu’on invoque le fait que les industries existantes sont désavantagées par rapport aux industries susceptibles d’être créées dans les nouvelles zones, la réponse avancée est que les exemptions et incitations fiscales prévues pour les nouvelles zones ont aussi pour objectif d’inciter les industries existantes dans des zones non classifiées à se transposer dans une nouvelle zone.
La situation présentée de la sorte, il peut paraître tout à fait normal de vouloir rectifier un état de fait irrégulier qui, au fil des années, a été accepté comme normal. Seulement voilà, comment dédommager des industriels qui, souvent, ont investi pour des sommes considérables et dont les usines, irrégularités ou pas, constituent pour les habitants de leurs régions des viviers d’emplois?
Il faut noter à ce propos que certaines de ces considérations sont prises en compte par les orientations adoptées. Il est définitivement entendu que certaines industries ne peuvent pas être transposées parce qu’elles sont liées à des matières premières existant au lieu même de leur localisation; ainsi les industries lourdes et polluantes continueront d’être centrées à Chekka.
Et c’est justement ce critère de «polluantes» qui sera déterminant pour obliger les industries existantes dans les grandes villes à se déplacer. Dans ce sens, l’orientation stratégique est d’encourager l’installation de petites industries (ou industries artisanales) autour des grandes villes, et les industries légères dans la montagne libanaise.

Nayla ABI KARAM


La politique des «zones industrielles», instaurée par le gouvernement de M. Hariri, témoigne certes de la prise de conscience de la nécessité de revitaliser ce secteur. Mais pour ambitieuse qu’elle est, la mise en place de cette politique élaborée par l’IDAL, le conseil pour le développement des investissements au Liban, n’en soulève pas moins une série de problèmes. Plus exactement, il convient de dire que la mise en place des «zones industrielles» telles que décidées lève le voile sur ces problèmes en question, qui se ramènent, dans l’ensemble, à des exigences environnementales et de sauvegarde du patrimoine.Equipées et paysagées, en référence aux expériences étrangères, les nouvelles zones industrielles sont «stratégiquement» localisées (selon l’expression employée par l’IDAL) sur...