La majorité des anciens adeptes résident en Haute-Savoie, près de la frontière franco-suisse, autour d’Annemasse et de Saint-Julien-en-Genevois, a-t-on précisé de source proche de l’enquête.
Le 21 mars 1996, huit personnes habitant dans cette zone avaient été entendues par les gendarmes qui redoutaient un nouveau massacre, après celui de Saint-Pierre-de-Chérennes, dans le Vercors, en décembre 1995 (16 morts).
Les gendarmes de l’Isère se sont rendus à Saint-Pierre-de-Chérennes. Depuis le drame, les enquêteurs redoutent que des adeptes viennent y effectuer, eux aussi, leur «transit» vers la planète Sirius.
Le juge d’instruction grenoblois Luc Fontaine, chargé de ce dossier, attend les dépositions des trois adolescents rescapés du massacre à Saint-Casimir, au Québec, que devaient lui transmettre les enquêteurs canadiens.
Le magistrat grenoblois s’est rendu au Canada en juin 1996 dans le cadre de l’instruction qu’il mène sur l’affaire du Vercors.
Agir vite
Quatre des cinq morts de Saint-Casimir avaient été entendus par des enquêteurs canadiens l’an dernier à sa demande, a-t-on précisé de source judiciaire.
Les policiers canadiens agissaient sur commission rogatoire internationale délivrée le 22 mai 1996 par le juge grenoblois.
Didier Queze et sa femme Chantal, tous deux originaires du Havre, le Suisse Bruno Klauss et sa compagne canadienne Pauline Riou avaient assuré lors de leur audition «qu’ils n’avaient plus aucun contact avec les membres de la secte et qu’ils condamnaient les massacres de l’OTS», a-t-on ajouté de même source.
«Après le massacre de Saint-Casimir au Québec, il faut que les autorités réagissent rapidement avant que ne survienne un nouveau drame», a déclaré Joëlle Vernay, avocate grenobloise qui représente l’Unadfi (Union nationale de défense de la famille et de l’individu), partie civile dans l’enquête sur le massacre du Vercors.
«La totalité des personnes entendues par le magistrat affirment qu’elles n’ont plus rien à voir avec l’OTS. Mais certaines de leurs réponses démontrent qu’elles sont encore sous influence. Ce sont des personnes fragiles et vulnérables qui sont susceptibles à tout moment de passer, elles aussi, à l’acte», a ajouté Me Vernay, qui a accès au dossier d’instruction du juge Fontaine.
Pour l’avocate du l’Unadfi, «il faut que les autorités mettent en place un système de surveillance très stricte auprès de ces anciens adeptes».

