«Nous espérons que le Conseil de Sécurité de l’ONU prendra en considération notre demande de doubler au moins (la quantité de pétrole exportée)», dont la valeur est actuellement fixée à deux milliards de dollars par semestre, a déclaré le ministre irakien du Pétrole, le général Amer Rachid.
«Nous demandons cela parce que (cette augmentation) est essentielle et nécessaire pour nous», a-t-il ajouté.
Le général Rachid a indiqué qu’il espérait que le rapport présenté par le secrétaire général de l’ONU Kofi Annan en mai, au moment du renouvellement de l’accord, incluerait une recommandation de doubler les quantités de pétrole.
Il a indiqué que l’Irak «prenait en considération l’influence des Américains au Conseil de Sécurité», mais n’a pas voulu préciser s’il s’attendait à ce que les Etats-Unis bloquent la demande irakienne.
Le secrétaire d’Etat américain Madeleine Albright avait affirmé que les Etats-Unis continueraient de s’opposer à la levée des sanctions internationales contre l’Irak, et avait même menacé de remettre en cause l’accord «pétrole contre nourriture» si Bagdad «ne respecte pas ses promesses quant à son application».
L’accord autorise l’Irak, soumis à un embargo international depuis août 1990, à exporter du pétrole pour deux milliards de dollars par semestre, pour financer notamment l’achat de vivres et de médicaments.
Le général Rachid a affirmé que l’Irak était capable d’exporter le quadruple des quantités actuellement vendues qui s’élèvent à 600.000 barils par jour, mais estimé que même ce quadruplement ne comblerait pas les besoins de la population irakienne.
L’Irak a repris ses exportations de pétrole le 10 décembre mais ce n’est que le 20 mars que les vivres achetées avec l’argent du pétrole ont commencé à arriver.
Au total, quelque 90.000 tonnes de vivres sont arrivées en Irak depuis le 20 mars, a précisé le responsable onusien.
Plus de 2,2 millions de tonnes de vivres (farine, riz, sucre, thé, huile végétale, lait pour nourrissons et sel) doivent être importées au cours du semestre, conformément à l’accord «pétrole contre nourriture».
Les autorités irakiennes ont annoncé que grâce à l’arrivée de blé, le quota mensuel de chaque Irakien passerait de 7 à 9 kg de farine à partir d’avril. Depuis la mise en place de l’embargo en août 1990, le gouvernement irakien distribue des produits de première nécessité à la population à l’aide de cartes de rationnement.
Les rations des autres produits de première nécessité seront augmentées en mai, selon les autorités.
Outre la farine, les Irakiens reçoivent actuellement chaque mois 1,25 kilo de riz, 100 grammes de thé, 500 grammes de sucre, 750 grammes d’huile végétale et 1.800 grammes de lait pour les enfants de moins d’un an.
En mai, les quantités de riz devraient doubler, le sucre quadrupler, le thé passer de 100 à 150 grammes, l’huile à un kg, et le lait pour nourrissons à 2,7 kg.


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