«Il va falloir des camions, des trains, au moins un bac pour franchir le fleuve Zaïre, des avions, dont au moins un gros porteur. Peut-être que nous pourrons commencer les rapatriements à la fin de la semaine», a expliqué par téléphone depuis Kisangani Paul Stromberg, porte-parole du HCR, tout en se félicitant de l’accord donné samedi par la rébellion zaïroise.
L’Alliance rebelle de Laurent-Désiré Kabila a approuvé un plan de rapatriement des réfugiés depuis Kisangani, capitale du Haut-Zaïre, alors qu’elle refusait jusqu’alors que les réfugiés transitent par cette ville.
Entre 80.000 et 100.000 réfugiés hutus rwandais sont disséminés sur la route et le long de la voie ferrée entre Kisangani et Ubundu, à environ 150 km plus au sud.
Epuisés par des mois de marche dans la forêt, affamés et malades, ces réfugiés sont en très mauvais état et le taux de mortalité parmi eux particulièrement élevé.
Les organisations humanitaires ont néanmoins pu commencer cette semaine à leur porter secours et à leur distribuer des vivres.
Michèle Quintaglie, porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM) de l’ONU, parlant également par téléphone depuis Kisangani, a indiqué que son organisation prévoyait d’acheminer d’Entebbe (Ouganda) à Kisangani des vivres «hautement protéinés» à bord d’un avion Hercules C-130, «probablement à partir de lundi» et à raison de deux rotations par jour.
Paul Stromberg a précisé que suite à l’accord de rapatriement donné par la rébellion, une «cellule» conjointe HCR-PAM était mise en place pour «contrôler les moyens logistiques» et coordonner les systèmes de transport.
Des avions apportant des vivres à Kisangani pourraient être utilisés pour transporter des réfugiés vers Goma, à la frontière rwandaise ou, en fonction de l’issue des discussions en cours avec les autorités rwandaises, directement à Kigali.
Jusqu’à présent, a indiqué Michèle Quintaglie, des avions du PAM ont été utilisés pour ramener de Kisangani à Goma des «déplacés» zaïrois.
Selon Paul Stromberg, la route est en trop mauvais état pour envisager pour l’instant le rapatriement des réfugiés par camions. «Il faut donc un pont aérien, dès que la logistique sera en place», a-t-il précisé.


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