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Actualités - Chronologie

Omerta contre vie de château

ROME, 4 Avril (AFP). – L’âge d’or des repentis de la mafia est terminé et les mafieux qui choisiront désormais de «collaborer avec la justice» devront rester jusqu’à dix ans en prison et faire don de tous leurs biens à l’Etat s’ils veulent bénéficier des avantages du programme d’aide qui leur est destiné.
Un projet de loi, adopté par le gouvernement italien, va réformer de fond en comble une loi, en partie victime de son succès, et qui était critiquée de toute part.
Selon le ministre italien de l’Intérieur, Giorgio Napolitano, qui a indiqué avoir travaillé en étroite collaboration avec les policiers et les magistrats engagés dans la lutte antimafia, il s’agit de «rendre plus efficace» une loi qui a permis de briser la fameuse «Omerta» (loi du silence) et de porter des coups sévères à la pieuvre en permettant l’arrestation de ses principaux chefs.

Au moins dix ans

Seuls les ex-mafieux qui pourront apporter des éléments «nouveaux et indispensables» aux enquêtes contre le crime organisé ou pourront empêcher de nouveaux crimes, pourront prétendre à devenir des «collaborateurs de justice».
Avant de bénéficier d’une libération conditionnelle ou des arrêts domiciliaires, le néo-repenti devra accomplir au moins un quart de sa peine, soit au moins dix ans de prison en cas de condamnation à perpétuité.
Plus question, dans le nouveau projet, de payer chaque renseignement distillé par un ex-mafieux. S’il veut collaborer avec la justice, le repenti devra dire tout, dès son arrestation. Il faudra que les repentis ne reviennent en aucune façon sur leurs déclarations, a averti le ministre italien de la Justice, Giovanni Maria Flick, associé à l’élaboration de la nouvelle loi.
M. Flick a également détaillé un des points les plus attendus du projet: celui de l’abandon de tous ses biens par l’ex-mafieux. Le néo-repenti devra se débarrasser une fois pour toute des biens acquis grâce au crime sans attendre que le Parquet décide de les confisquer au terme de procédures parfois longues. L’entretien à vie des ex-mafieux et de leur famille n’existera plus et l’Etat aidera seulement le néo-repenti à se réinsérer socialement.
L’argent de la mafia servira notamment à aider les familles des victimes de la pieuvre. Le chiffre d’affaires du crime organisé s’est élevé à plus de 70 milliards de dollars en 1996, selon les estimations des milieux d’affaires italiens.
«Il faut apporter une attention plus soutenue aux victimes», a affirmé M. Napolitano. En janvier dernier, la veuve d’un policier de l’escorte du juge antimafia Giovanni Falcone, Mme Concetta Montinaro, avait ému les Italiens en se déclarant «humiliée» par la loi sur les repentis.
«Les repentis sont des assassins en liberté», avait-elle affirmé en expliquant que, cinq ans après l’assassinat de son mari, elle n’avait toujours pas reçu d’aide de l’Etat et qu’elle devait élever seule ses deux enfants alors que certains des assassins de son mari, aujourd’hui repentis, menaient une vie de château.

Des mensonges

Un des autres principaux reproches faits aux quelque 1.200 repentis actuels concerne la fiabilité de leurs déclarations.
L’opinion publique italienne a été choquée par les pseudo-révélations du parrain sanguinaire Giovanni Brusca, arrêté en mai dernier, qui, pour éviter les conditions de détention très dures infligées aux chefs mafieux, a choisi de collaborer avec la justice, mais en racontant des mensonges.
L’ancien président du Conseil Giulio Andreotti, sept fois chef du gouvernement italien, est actuellement jugé par les tribunaux de Pérouse (centre) et de Palerme (Sicile) sur l’unique base d’accusations de repentis qui n’hésitent pas à se contredire au fil de leurs déclarations.
Le sénateur à vie démocrate-chrétien a jugé «honteux» pour les institutions italiennes l’importance accordée à ce qu’il appelle «des menteurs professionnels».
Un de ses principaux accusateurs, l’ex-mafieux Baldassare Di Maggio a reconnu avoir touché 350.000 dollars de l’Etat italien pour sa «collaboration avec la justice». Certains hommes politiques italiens n’ont pas hésité à parler d’une «stratégie de déstabilisation» mise au point par la mafia contre l’Etat italien.
«Ce sont des délinquants, des assassins et des bêtes fauves mais les repentis restent des instruments indispensables dans la lutte contre la mafia», a estimé récemment Maria Falcone, la sœur du juge antimafia Giovanni Falcone assassiné en 1992.
ROME, 4 Avril (AFP). – L’âge d’or des repentis de la mafia est terminé et les mafieux qui choisiront désormais de «collaborer avec la justice» devront rester jusqu’à dix ans en prison et faire don de tous leurs biens à l’Etat s’ils veulent bénéficier des avantages du programme d’aide qui leur est destiné.Un projet de loi, adopté par le gouvernement italien, va réformer de fond en comble une loi, en partie victime de son succès, et qui était critiquée de toute part.Selon le ministre italien de l’Intérieur, Giorgio Napolitano, qui a indiqué avoir travaillé en étroite collaboration avec les policiers et les magistrats engagés dans la lutte antimafia, il s’agit de «rendre plus efficace» une loi qui a permis de briser la fameuse «Omerta» (loi du silence) et de porter des coups sévères à la pieuvre...