Organisée sous les auspices de l’Institut pour la paix, une organisation gouvernementale américaine créée en 1984, la conférence a rassemblé mardi et mercredi à Washington des représentants de la communauté diplomatique, des universitaires, des scientifiques et des militaires, qui ont exploré l’impact des nouvelles technologies sur la prévention, la gestion et la résolution des conflits internationaux.
Chester Crocker, l’un des fondateurs de l’Institut, ancien secrétaire d’Etat adjoint pour les Affaires africaines (1981-89) et professeur de relations internationales à Georgetown University, a estimé que les nouvelles techniques de l’information «ont donné un important coup de pouce à la conduite de la diplomatie américaine» et «transformé le monde dans lequel nous vivons».
Mais, a-t-il averti, ces nouvelles facilités de communication sont à double tranchant car elles rendent également plus facile la communication entre groupes mafieux, trafiquants de drogue et terroristes.
Plusieurs participants ont souligné par ailleurs la pression exercée sur les gouvernements par le caractère instantané de l’information qui mobilise l’opinion publique et exige des réponses immédiates.
Margaret Tutwiler, ancien porte-parole du Département d’Etat sous le président Bush, a rappelé que durant la guerre du Golfe, Washington «savait que Saddam Hussein regardait constamment CNN».
Le général des Marines Anthony Zinni, qui a participé notamment aux opérations en Somalie, a estimé que la couverture en direct d’une crise exerce des pressions sur l’armée qui n’avaient jamais existé auparavant, en «donnant une vision directe et constante de l’opération».
Il a estimé que la présence des médias dans les conflits était désormais un facteur incontournable, «c’est comme être sur le terrain, parfois c’est bien, parfois c’est mal, mais on ne peut plus revenir en arrière».
Pam Benson, producteur à CNN, a de son côté estimé que la couverture d’événements comme ceux de la place Tien An Men ou l’assaut contre le Parlement à Moscou ont montré pour la première fois «les événements se déroulant au moment où s’échafaudent les décisions politiques».

