«Ces résultats n’avaient jamais été obtenus auparavant, par aucun moyen, pour ces maladies» a affirmé le Pr Axel Kahn, directeur du laboratoire de génétique moléculaire de l’Institut national de la recherche médicale (INSERM, Paris) où cette recherche a été conduite par George Haasse.
L’essai constitue une première étape pour mettre au point une thérapie génique pour deux redoutables maladies humaines, la sclérose latérale amyotrophique (SLA) et les amyotrophies spinales infantiles (ASI), qui se manifestent par une destruction des neurones qui actionnent les muscles (les «motoneurones»). Elles évoluent vers la mort lorsque la paralysie atteint des muscles vitaux.
Ce travail a été mené en association avec RPR Gencell, division de thérapie génique de Rhône-Poulenc Rorer, une équipe danoise (Pr Schmalbruch, Copenhague) et des équipes de l’INSERM et du Centre national de recherche scientifique (CNRS).
L’ASI, maladie génétique héréditaire, dont il existe plusieurs formes, touche un enfant sur 6.000 naissances.
Courte survie
«Pour la SLA, qui affecte une personne sur 25.000, un produit, le Rilutec, peut prolonger la survie des malades, mais de façon encore modeste», selon le Pr Kahn. «Le résultat serait sans commune mesure si on pouvait obtenir une prolongation de survie de plus de 50% chez l’homme», relève-t-il.
Pour cette thérapie génique, un virus (adénovirus) a été utilisé pour véhiculer deux gènes qui commandent la production de substances protectrices des neurones, des «facteurs neurotrophiques».
L’objectif est d’obtenir la synthèse de ces substances bénéfiques, en quantités et de façon prolongée, directement sur place, dans les muscles.
La préparation a été injectée dans les muscles de très jeunes souriceaux malades, qui meurent habituellement au bout de 40 jours en moyenne.
La survie a atteint 62 jours en moyenne, soit plus de 50% par rapport aux non traités, avec l’injection d’un seul gène, celui de la neurotrophine 3 (NT-3).
Avec l’injection simultanée des deux gènes protecteurs (le NT-3 et le CNTF pour Cialary Neurotrophic Factor), la durée moyenne de vie des souriceaux passe à 66 jours et certains vivent plus de trois mois.
Outre une mobilité accrue, les chercheurs ont également constaté une survie de plus nombreuses fibres nerveuses, une meilleure conduction des influx électriques et même, dans certains cas, le rétablissement de connexions neuro-musculaires grâce à une «repousse de fibres nerveuses».
Avant de passer aux essais humains, il faudra poursuivre les études sur l’animal, notamment avec d’autres vecteurs viraux: par exemple une version d’adénovirus qui n’entraîne pas chez l’adulte de réactions immunitaires de rejet, selon le Pr Kahn.


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