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Actualités - Chronologie

Congrès à hauts risques du FN ce week-end à Strasbourg

PARIS, 27 Mars (AFP). — Le Front national (FN), parti français d’extrême-droite de Jean-Marie Le Pen, va tenir un congrès à hauts risques ce week-end de Pâques à Strasbourg, (Est), de samedi à lundi, avec une importante mobilisation de ses adversaires.
Fort de près de 15% des intentions de vote pour les législatives prévues dans un an, ce mouvement d’extrême-droite s’affirme aujourd’hui en mesure de faire «exploser la classe politique française», selon l’expression de son numéro deux, Bruno Mégret.
Diverses études montrent qu’il pourrait jouer les trouble-fête lors des élections législatives de 1998 en se maintenant au second tour de scrutin dans près du tiers des circonscriptions.
Ce dixième congrès du FN doit être celui de la «grande alternative», qui marquera son entrée «dans la phase de conquête du pouvoir», explique M. Mégret, un transfuge du gaullisme, aujourd’hui étoile montante du parti de M. Le Pen (69 ans).
Le Front national compte aujourd’hui onze députés européens, 224 conseillers régionaux et plus de 2.000 élus municipaux, mais aucun parlementaire au plan national.
Face à sa stratégie, qui inquiète tant à gauche qu’à droite, et à l’influence grandissante de ses idées, de nombreuses manifestations de protestation sont annoncées pour ce week-end.
La plus importante, une «manifestation européenne pour les libertés», doit avoir lieu samedi après-midi dans les rues de Strasbourg, à bonne distance toutefois du lieu du congrès FN. Les leaders du Parti socialiste, Lionel Jospin, et du Parti communiste français, Robert Hue, (opposition) y sont attendus, ainsi que 20.000 participants au moins.
Des trains spéciaux ont été affrétés, dont un devant prendre à son bord des opposants au FN des quatre villes du sud-est de la France gérées par ce parti depuis les dernières élections municipales (Toulon, Marignane, Orange et Vitrolles).

Palais-bunker

Les élus alsaciens de la majorité gaulliste et de centre-droit ont pour leur part appelé à manifester samedi matin devant le Palais de l’Europe, pour «montrer symboliquement que Strasbourg doit rester la capitale des droits de l’homme».
A l’initiative de la mairie de Strasbourg, tenue par la socialiste Catherine Trautmann, des affiches portant en neuf langues (chinois, russe, arabe, turc, hébreu, espanol, anglais, allemand et français) la devise de la République française «Liberté, Egalité, Fraternité» ont déjà été collées un peu partout dans la ville.
Il s’agit de «montrer que, face aux messages d’intolérance qui seront émis depuis Strasbourg, il existe autre chose que l’extrême-droite: des valeurs démocratiques, universelles, sur lesquelles la France est bâtie», a-t-on indiqué à la mairie.
Face à cette mobilisation sans précédent, M. Le Pen a pris les devants en réclamant que des poursuites soient engagées pour «actes préparatoires à l’accomplissement de délits ou de crimes». «Selon nos informations, plusieurs groupements ont l’intention d’aller à Strasbourg très au-delà d’une manifestation d’opposition politique aux positions de notre mouvement. Ils se proposent, par l’intimidation physique et par la violence, d’en empêcher le déroulement normal», a affirmé le président du FN dans une lettre adressée mardi au procureur de la République de Strasbourg.
Mme Trautmann a accusé «l’agresseur» de tenter de se faire passer pour l’agressé, le FN créant «le risque par sa présence sans vouloir l’assumer».
2.200 délégués du FN et plusieurs milliers d’autres personnes sont attendus au palais des congrès de Strasbourg, transformé en bunker dont ils ne devraient pratiquement pas sortir. «Cela veut dire que tous les événements violents, la casse qui surviendra dans les rues de Strasbourg seront clairement le fait de nos adversaires», a dit M. Mégret.
PARIS, 27 Mars (AFP). — Le Front national (FN), parti français d’extrême-droite de Jean-Marie Le Pen, va tenir un congrès à hauts risques ce week-end de Pâques à Strasbourg, (Est), de samedi à lundi, avec une importante mobilisation de ses adversaires.Fort de près de 15% des intentions de vote pour les législatives prévues dans un an, ce mouvement d’extrême-droite s’affirme aujourd’hui en mesure de faire «exploser la classe politique française», selon l’expression de son numéro deux, Bruno Mégret.Diverses études montrent qu’il pourrait jouer les trouble-fête lors des élections législatives de 1998 en se maintenant au second tour de scrutin dans près du tiers des circonscriptions.Ce dixième congrès du FN doit être celui de la «grande alternative», qui marquera son entrée «dans la phase de...