M. Netanyahu doit s’entretenir mardi à Moscou avec le président russe Boris Eltsine, le premier ministre Victor Tchernomyrdine et le ministre des Affaires étrangères Evgueni Primakov ainsi qu’avec des hommes d’affaires, a annoncé la présidence du Conseil à Jérusalem.
Il se rendra le lendemain à Saint-Petersbourg, pour rencontrer le maire de la ville et des hommes d’affaires, indique-t-on de même source.
Selon un porte-parole du premier ministre, la question des ventes de technologie nucléaire russe à Téhéran ou de tout autre matériel pouvant servir à la fabrication d’armes sera au centre des entretiens.
«Israël est préoccupé par ces ventes. Le premier ministre va demander aux Russes qu’ils imposent des restrictions», a déclaré un important conseiller du premier ministre, David Bar Illan.
Selon lui, M. Netanyahu s’efforcera par la même occasion de réfréner l’ambition de ses interlocuteurs de jouer les médiateurs dans le conflit israélo-palestinien. Israël réserve ce rôle aux Etats-Unis.
En revanche, l’Etat hébreu «souhaite beaucoup que la Russie joue un rôle dans les négociations multilatérales de paix» entre Israël et les pays arabes, a souligné M. Bar Illan.
La Russie est officiellement l’un des deux co-parrains avec les Etats-Unis du processus de paix lancé par la conférence de Madrid en octobre 1991. Moscou a abrité la première réunion des négociations multilatérales portant notamment sur la question de l’eau et du désarmement régional.
La visite de M. Netanyahu intervient après que la décision israélienne de construire un nouveau quartier de colonisation à Jérusalem-Est eut été vivement dénoncé par les Palestiniens soutenus par la communauté internationale.
Israël qui n’a évité une condamnation du Conseil de Sécurité de l’ONU que grâce à un veto américain, est mécontent de la position russe à ce sujet, a encore indiqué M. Bar Illan.
Il s’agira de la première visite du chef du gouvernement israélien à Moscou depuis sa prise de fonctions en juin dernier. Son prédécesseur travailliste Yitzhak Rabin s’était rendu à deux reprises dans la capitale russe.
M. Netanyahu arrivera au Kremlin une vingtaine de jours après le président palestinien Yasser Arafat qui a été reçu le 18 février par M. Eltsine.
M. Arafat avait plaidé lors de sa récente visite en Russie pour un rôle accru de Moscou, proche des positions palestiniennes depuis l’époque soviétique.
La Russie attache une «importance spéciale» à la visite de M. Netanyahu en dépit des complications dans les relations entre les deux pays, a indiqué dimanche le vice-ministre russe des Affaires étrangères Viktor Possouvaliouk.
«De petites choses compliquent nos relations, mais elles n’en déterminent pas le caractère», a déclaré M. Possouvaliouk à l’agence russe Interfax.

