La société mixte ITS (Intelligent Transportation Society) regroupant les secteurs public et privé ainsi que des universitaires et des spécialistes veut, à l’aide de fonds fédéraux, amorcer cette nouvelle activité de la même façon que le Pentagone a créé en son temps le Web, conçu au départ pour les besoins de la Défense durant la période de la guerre froide.
«ITS comme Internet va devenir un marché en pleine expansion pour peu que les investissements publics lui donnent l’impulsion nécessaire», a expliqué mardi Mark Johnson, l’un des responsables de cet organisme à un groupe de journalistes français en voyage aux Etats-Unis à l’occasion de la mise en place d’une autoroute urbaine à péage exploitée par Cofiroute.
A San Diego, dès le mois d’août prochain, la première autoroute à pilotage automatique des voitures permettant aux automobilistes de lâcher en toute sécurité le volant de leur véhicule pendant un long parcours constituera la première innovation spectaculaire de ce secteur d’activité qui devrait atteindre en 2015 plus de 35 milliards de dollars par an, ont annoncé les responsables de ITS.
Les péages d’autoroutes, qui font partie du cadre ordinaire de l’automobiliste français ou italien, représentent une nouveauté aux yeux des Américains habitués à rouler gratis sur leurs quelque 45.000 kilomètres d’autoroutes financés jusqu’ici par une taxe fédérale de 18,3 cents sur chaque galon de carburant.
«Il semble que la notion de péage soit maintenant bien acceptée par les consommateurs», a déclaré de son côté Gloria Jeff, directeur au secrétariat d’Etat fédéral aux Transports.
«Le problème c’est que les autoroutes qui ont été construites depuis 50 à 60 ans arrivent à la fin de leur existence et que des sommes considérables vont être nécessaires pour les réparer alors que le dollar est devenu cher», explique Neil Schuster de l’International Bridge, Tunnel and Turnpike Association (IBTTA).
Alors que, côté chemins de fer, la compagnie nationale Amtrack est «au bord du précipice», menacée du dépôt de bilan faute d’argent, selon Jeff Nulligan, porte-parole du comité parlementaire sur les transports, les grandes options du transport aux Etats-Unis devront être tranchées avant le 1er octobre 1997.


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