«Il est difficile de mettre en doute l’utilité de ce système: la réalité en fait foi», a jugé le quotidien en tirant le bilan du premier péage autoroutier post-révolutionnaire, mis en place voici un peu moins d’un an sur l’autoroute d’accès à Varadero, principale station balnéaire du pays.
Les péages routiers avaient été supprimés par la révolution castriste. Le péage du tunnel de La Havane, construit dans les années 50 par les Grands Travaux de Marseille pour permettre la traversée de la baie du port, était sans nul doute le plus emblématique et a été supprimé très rapidement après la chute en 1959 du dictateur Fulgencio Batista.
«Il y a dans le pays 15.000 kilomètres de routes et autoroutes et environ 60% sont en mauvais état ou laissent à désirer», selon «Granma», qui recommande l’implantation de nouveaux postes de péage. La voie sur digue reliant l’îlot touristique de Cayo Coco à Cuba, achevée l’année dernière, devrait être la prochaine frappée par un droit de passage, a précisé un fonctionnaire du ministère des Finances.
«Au fur et à mesure que l’on mettrait en place de nouveaux péages dans le pays on pourrait alléger les lourdes dépenses consacrées par l’Etat à l’entretien du réseau routier», explique le journal.
Le péage de l’autoroute qui relie Matanzas et Varadero sur une trentaine de kilomètres, par lequel transitent quotidiennement une moyenne de 5.000 véhicules, a encaissé en dix mois 700.000 dollars et deux millions de pesos. Les touristes et les résidents étrangers doivent acquitter un droit de passage de deux dollars, tandis que les Cubains se voient réclamer 2 pesos (1 dollar= 21 pesos au change officieux). Les poids lourds sont taxés de quatre dollars ou pesos selon le même principe.
Les revenus du péage durant ces dix premiers mois de fonctionnement «ont été bien supérieurs au budget annuel d’entretien des équipements et des voies», se félicite le quotidien, qui souligne que les surplus sont consacrés à l’entretien d’autres voies ou ouvrages d’art du réseau routier.
En contrepartie, les usagers de l’autoroute disposent 24 heures sur 24 d’un service de remorquage gratuit jusqu’à la localité la plus proche, assure «Granma», qui salue les importants efforts fournis pour améliorer la chaussée et sa signalisation. En revanche, le quotidien déplore le danger que représente la divagation sur l’autoroute de vaches appartenant pourtant «pour la plupart à des fermes d’Etat».


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