«Nous sommes en train d’aller vers une escalade qui risque à terme d’anéantir tous les efforts qui ont été obtenus», a mis en garde l’ancien président malien, dans un appel radiodiffusé répété à plusieurs reprises dimanche soir et lundi matin.
«Nous voulons dans un bref délai rencontrer les ex-mutins pour, d’une part, arrêter rapidement ces incidents regrettables que nous connaissons sur le terrain et, d’autre part, nous investir avec eux de concert pour voir dans quelle mesure ils peuvent, nous le souhaitons, retourner rapidement dans leurs casernes, dans l’honneur et la dignité qui doivent être réservés à tout soldat».
«Je lance un appel à l’arrêt de l’escalade et je demande que soient engagés le plus rapidement possible le dialogue et la concertation, a-t-il poursuivi. Pour que la RCA puisse revenir à une solution plus sereine, il faut se mettre autour d’une table pour définir la conduite à tenir».
Depuis samedi dernier Bangui est le théâtre d’échanges de tirs opposant notamment des ex-mutins retranchés dans un quartier de la ville, Petevo, au contingent tchadien de la Mission inter-africaine d’application des accords de Bangui (MISAB). Cette force, composée d’environ 700 hommes de six pays africains, a été mise en place à la suite des accords, conclus sous l’égide du général Toumani Touré, qui ont mis fin à la mutinerie d’une partie de l’armée, le 25 janvier.
Quadrillage
Plusieurs obus de mortiers ont été tirés depuis le camp Kasaï, qui avait été l’une des places fortes des mutins.
Ces échanges de tirs se sont poursuivis pendant la nuit de dimanche à lundi tandis que la ville était étroitement quadrillée par les forces gouvernementales. La plupart des habitants ont préféré rester chez eux, et les magasins et les marchés du centre n’ont pas ouvert.
Depuis samedi, ces tirs ont fait au moins sept morts et une vingtaine de blessés.
Par ailleurs, l’armée française, qui avait disparu des rues de Bangui depuis la mise en place de la MISAB, a refait son apparition lundi matin, tandis qu’un hélicoptère militaire français survolait régulièrement la capitale.


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