Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président palestinien Yasser Arafat se sont entretenus au téléphone vendredi soir pour la première fois depuis la crise provoquée par le début mardi de la construction d’un nouveau quartier israélien à Jérusalem-Est.
M. Netanyahu, tout en affirmant que le président palestinien portait une «lourde responsabilité» dans l’attentat, aux «organisations terroristes du Hamas (le Mouvement de la résistance islamique) et du Jihad islamique».
M. Arafat a pour sa part condamné l’attentat de Tel-Aviv en le qualifiant d’«acte terrible» lors d’un entretien avec le président directeur général de l’AFP, M. Jean Miot.
Un interlocuteur anonyme se réclamant du Hamas a revendiqué vendredi, à la télévision israélienne la responsabilité de l’attentat, qui a fait trois morts israéliens et 46 blessés.
Cette volonté des deux côtés de ne pas rompre les ponts s’est également traduite par une rencontre vendredi entre les responsables des services de sécurité israélien et palestinien qui avaient cessé presque tout contact ces derniers jours.
L’Autorité palestinienne a également lancé un mandat d’arrêt à l’encontre d’un des chefs de la branche militaire du Hamas, M. Ibrahim Al-Moukadmeh, qui avait fait vendredi l’apologie des attentats anti-israéliens.
M. Arafat a affirmé que si M. Moukadmeh «a fait cela, je ne resterai pas silencieux, il sera interrogé». Le chef du Hamas avait été relâché le 10 mars sur ordre de M. Arafat après une année de prison pour son implication présumée dans des attentats-suicide qui avaient fait 58 morts en février et mars 1996 en Israël.
M. Netanyahu a violemment dénoncé cette libération estimant qu’elle avait été «comprise par les organisations terroristes comme un feu vert pour relancer les attentats anti-israéliens».
Relancer les négociations
Le premier ministre s’est également refusé à suspendre toutes négociations, comme le suggéraient les dirigeants «durs» de la droite. Il a ainsi maintenu sa proposition présentée mercredi d’accélérer les négociations sur le statut final des territoires palestiniens en vue d’aboutir à un accord d’ici six mois au lieu des deux ans comme prévu par les accords d’autonomie.
Un conseiller de M. Arafat, Marouane Kanafani, tout en appelant M. Netanyahu à reconnaître ses «erreurs», a appelé à la radio publique israélienne le premier ministre à rencontrer M. Arafat.
Le chef des négociateurs palestiniens, Saëb Erakat, a déclaré qu’«il faut relancer les négociations pour donner une chance à la paix».
Il s’est déclaré favorable à l’accélération des discussions sur le statut final des territoires palestiniens à condition qu’Israël respecte ses engagements en procédant au retrait militaire prévu de Cisjordanie et renonce à la poursuite de sa politique de colonisation.
Le commentateur politique de la radio militaire a estimé que «cet attentat a paradoxalement provoqué la reprise du dialogue au plus niveau». «Si les Palestiniens agissent contre les terroristes, les négociations ont toute chance d’être relancées», a ajouté le commentateur.
Mais sur le terrain la tension est restée très vive. De violents affrontements israélo-palestiniens qui ont fait 29 blessés se sont produits à nouveau à Hébron en Cisjordanie, à la suite de manifestations de protestation contre la construction de la colonie de Har Homa (Jebel Abou Ghneim pour les Arabes) à Jérusalem-Est.


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