Deborah Coddington s’est défendue sur les ondes nationales de vouloir déclencher une chasse aux sorcières à l’encontre de déviants sexuels ayant payé leur dette à l’égard de la société.
«Je n’encourage nullement la violation de la vie privée, à laquelle je ne trouve pas d’excuse», assure-t-elle en présentant son ouvrage comme «un livre responsable».
Deborah Coddington a publié un ouvrage similaire en 1996 en Nouvelle-Zélande et prévoit la publication dans le courant de l’année d’une édition britannique.
Son répertoire énumère 640 pédophiles ou délinquants sexuels australiens soit ayant été condamnés, soit ayant plaidé coupable. Chacun y est brièvement décrit ainsi que ses actes illicites.
«C’est un survol des crimes sexuels en Australie qui montre comment les pédophiles opèrent, comment ils approchent les enfants et comment ils gagnent leur confiance», précise-t-elle.
Le public et les milieux spécialisés locaux sont divisés quant à la salubrité de la démarche de la journaliste néo-zélandaise.
«Pour moi, il s’agit d’une véritable chasse aux sorcières sous prétexte de se préoccuper des victimes», a déclaré un auditeur lors d’un débat radiophonique.
Nouveau
départ
Nick Cowdrey, procureur général de Nouvelle-Galles du sud, l’Etat le plus peuplé d’Australie, a refusé de coopérer à la compilation de l’ouvrage.
«Rien ne doit être fait pour encourager les citoyens à se faire justice eux-mêmes», dit-il, ajoutant que le livre menace l’équité des procès et les chances de réhabilitation des délinquants.
A cela, Coddington rétorque que son ouvrage ne fait que citer des informations provenant des tribunaux australiens et tenues à la disposition du public.
Mais, militante, elle ajoute: «Je ne crois nullement que, lorsque l’on a été condamné et que l’on a purgé sa peine, l’ardoise soit effacée. Les victimes ne se voient pas offrir de nouveau départ, elles.»
Coddington a engagé le gouvernement a publié une liste exhaustive des criminels sexuels avérés, «afin que nous puissions vérifier que les gens qui veulent se voir confier nos enfants sont dignes de cette confiance».
Le premier ministre de l’Etat d’Australie occidentale, Richard Court, est un fervent partisan de la démarche de Deborah Coddington.
«Pour moi, prendre pour proie de jeunes enfants innocents représente toute ce qu’il y a de plus bas. Si des gens sont reconnus coupables de ce crime et que cela est du domaine public je ne vois pas pourquoi cela ne pourrait pas le rester», estime M. Court.
Fred Nile, leader d’un parti ultra-conservateur du Parlement de Nouvelle-Galles du sud, souligne pour sa part: «Entre ménager les sensibilités d’un pédophile et protéger nos enfants, je choisis sans hésiter la protection de nos enfants.»


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