A sa sortie de Bkerké, M. Rouchaïd el-Khazen a souligné la nécessité de tenir les élections municipales de Jounieh à l’écart de la politique. «Jounieh est une grande ville, a-t-il souligné, et sa municipalité sera la deuxième du pays après celle de Beyrouth. Elle doit donc être gérée par une équipe homogène». M. el-Khazen a souligné la nécessité à ce propos de dissocier la députation de la fonction de président de la municipalité, précisant qu’il serait inopportun qu’un député soit élu président du conseil municipal car il aurait alors du mal à établir une distinction entre ses intérêts électoraux et ses fonctions municipales.
De son côté, M. Nabil Boustany s’est élevé contre la décision de l’Etat de contraindre par la force les déplacés de la montagne à évacuer les locaux où ils avaient trouvé refuge après la guerre de la montagne, en 1983. «L’accord de Taëf, a notamment déclaré M. Boustany, avait placé le dossier des déplacés en tête des priorités. Mais jusqu’à présent, moins d’un tiers seulement des déplacés ont pu regagner leurs foyers. Depuis un an, la Caisse des déplacés n’a bénéficié d’aucun crédit. Au début du mois de février, le gouvernement lui a accordé 15 milliards de livres libanaises. Ce montant a été épuisé en deux semaines. A ce rythme de financement, nous atteindrons l’an 2010 sans que le dossier des déplacés ne soit clos».
Gebrane Tuéni
Pour sa part, Me Ibrahim Kanaan a fait une déclaration dans laquelle il a souligné que «la participation des Libanais aux élections municipales devrait être massive, mais dans le même temps, elle devrait se faire sur des bases rationnelles et d’une manière lucide afin de mettre un terme à la mentalité traditionnelle». «Le choix doit être un choix responsable afin de renouveler l’administration et de permettre aux jeunes instruits et compétents de jouer un rôle dans la gestion des affaires publiques», a souligné Me Kanaan. Quant au consensus au niveau des élections municipales, il ne devrait pas se faire à n’importe quel prix. Il ne faudrait pas qu’un éventuel consensus ait pour conséquence de maintenir une situation branlante au sein de l’administration».
Enfin, M. Gebrane Tuéni a vivement stigmatisé «l’attitude de l’Etat à l’égard de la collectivité chrétienne». «Une réunion ayant un caractère insolent s’est tenue il y a quelques jours entre le premier ministre Rafic Hariri, le président Sélim Hoss et M. Tammam Salam, a déclaré M. Tuéni. Ils ont décidé du sort de Beyrouth, comme si le sort de Beyrouth devait être décidé uniquement à leur niveau. Cela est inconcevable (...). J’ai indiqué aujourd’hui au patriarche Sfeir que l’opposition se lancera dans les élections municipales. En tant que chrétiens, nous formons un front uni. Lorsque je parle des chrétiens, j’inclus le courant aouniste, le PNL, le Bloc national ainsi que le courant des Forces libanaises, car même si M. Samir Geagea est en prison, il existe malgré tout un courant FL présent sur le terrain. Les chrétiens forment un front uni, et il faut mettre un terme aux tentatives visant à nous marginaliser, comme si le pays n’était formé que d’une seule composante».


À Verdun, un « sommet spirituel » pour préserver l’unité nationale... et donner un coup de pouce au pouvoir