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Actualités - Chronologie

Ski Il remporte la coupe du monde Alphand, le sacré après la poisse

VAIL (Colorado), 15 Mars (Reuter). — Eternel poissard, sacré meilleur skieur du monde, Luc Alphand vient sans doute d’achever sa spectaculaire trajectoire sur une apothéose aux airs de conte de fée.
Comment aurait-il osé rêver à ce triomphe en Coupe du monde, lui dont la carrière, voire la vie, tint du miracle permanent?

Aurait-il pu envisager une telle récompense, ce descendeur kamikaze devenu le plus rapide du circuit, sachant que les coureurs de sa race doivent souvent se contenter des miettes de gloire abandonnées par ceux qui skient à tous les rateliers?

Cloué durant de précieuses années par des blessures plus sérieuses les unes que les autres, Luc Alphand récolte, à près de 32 ans, les dividendes de sa patience.

Entamée en fanfare par un titre de champion du monde junior de descente en 1983, poursuivie sur un mode moins brillant dans la fameuse équipe des «Top Guns», aux côtés de Franck Piccard, Denis Rey et Jean-Luc Crétier, sa carrière ne cessa, ensuite, d’être interrompue.

La liste de ses victoires n’égalera sans doute jamais la litanie de ses misères: blessé au bassin et à la cuisse en 1987, à la cheville en 1988, aux vertèbres, poignet, épaule en 1989, à la cheville et au poignet en 1990, il s’écartèle sur la piste de Garmisch en 1992, se déchirant tous les ligaments pubiens.


«La descente ne me fait pas peur», dit-il dans un sourire, «je ne repense jamais à mes chutes».


En 1993, il aborde en grande forme les championnats du monde de Morioka. Il ne chute pas, mais c’est la poisse qui lui tombe dessus. Il manque le podium de la descente pour un misérable centième, avant de remporter la descente du combiné, celle qui compte pour du beurre.


Déçu mais gonflé à bloc, il se blesse une semaine plus tard aux ligaments du genou dans l’épreuve de Whistler Mountain, alors qu’il vient juste d’atteindre la première série, la cour fermée des quinze meilleurs mondiaux.


«Alphand est, selon moi, l’un des meilleurs descendeurs du monde, mais il a le syndrome de la chute», estime alors l’entraîneur de l’équipe de France, Michel Boyer.


«J’en ai assez de me casser en mille morceaux, j’arrête», répond Alphand sur un coup de tête. Son retour sur le circuit à l’automne n’a rien d’évident. «Mais la petite flamme s’est rallumée», raconte-t-il.

La saison 1993-1994 est celle de la redécouverte du plaisir. Heureux de skier sans se faire mal, à l’aise sur un matériel que beaucoup jugent comme le meilleur du circuit, Alphand décide de continuer. Malgré l’âge, la lassitude et la proche naissance de sa fille, Estelle, en avril 1995.


C’est à Kitzbühel, paradisiaque enfer des descendeurs, que la chance choisit son camp pour la première fois, donnant raison à tous ceux qui, niant l’évidence, continuent à croire en son talent.
Le 14 janvier 1995, un mois après avoir cru tenir sa première victoire, à Val d’Isère, et se l’être fait voler par l’Autrichien Josef Strobl, irritant dossard 61, Alphand s’impose deux fois dans la même journée sur la Streif, dont le seul nom inspire la crainte et le respect.


«La clé de mon succès», tente-t-il d’expliquer alors, «ce sont les blessures. J’ai eu la chance, depuis deux saisons, de ne pas me faire mal. C’est la seule différence entre l’Alphand d’aujourd’hui et celui d’il y a deux ans».


L’après-Kitzbühel n’est qu’une cascade de revanche. A la fin de la saison 1995, comme en 1996 et 1997, Luc s’adjuge la Coupe du monde de descente.

Il gagne enfin devant son public, à Val d’Isère, en décembre 1995, mate la piste de Garmisch qui l’a tant fait souffrir, en février 1996 puis deux fois en 1997. Il s’impose dans toutes les classiques, excepté la descente de Wengen, pour porter son bilan à dix victoires dans la discipline.


Le scénario est trop beau. En février 1997, favori plébiscité jusque dans les rangs ennemis, il chute dans la descente des championnats du monde de Sestrières, un an après n’avoir conquis «que» le bronze, lors de ceux de Sierra Nevada.


Alphand ne serait pas Alphand s’il ne rappelait quelquefois l’«Unlucky Luc» qu’il fut à ses débuts. Il ne sera jamais champion du monde, ni sans doute olympique.


A Vail, où il s’est emparé, à l’issue d’un suspense épuisant, du titre suprême de vainqueur de la Coupe du monde générale, en plus de celui de la descente et du super-G, Luc Alphand a bouclé la boucle.

«J’ai commencé ici en 1984», rappelle-t-il, évoquant sa première course de Coupe du monde disputée à Aspen, autre station du Colorado. «Nous sommes en 1997... Treize ans, ça suffit».

Trois titres en une saison, trois hivers de rêve, c’est également suffisant pour partir sans se retourner.

Wiberg termine la saison en beauté

La Suédoise Pernilla Wiberg, déjà assurée du Globe de cristal récompensant la meilleure skieuse de la saison toutes disciplines confondues, et de celui couronnant la meilleure slalomeuse, a terminé la saison en beauté en remportant le dernier slalom de l’année, à Vail (Colorado), à égalité avec l’Italienne Lara Magoni.

Classement du slalom de Vail:

1. Lara Magoni (Ita) 1’53’’77 (46’’71 + 49’’06)
. Pernilla Wiberg (Suè) 1’53’’77 (47’’47 + 48’’30)
3. Katja Seizinger (All) 1’36’’31 (46’’89 + 49’’42)
4. Ingrid Salvenmoser (Aut) 1’36’’97 (47’’60 + 49’’37)
5. Trine Bakke (Nor) 1’37’’31 (47’’42 + 49’’89)

Classement général final:

1. Pernilla Wiberg (Suè) 1960 pts
2. Katja Seizinger (All) 1424
3. Hilde Gerg (All) 1150

Slalom (classement final):

1. Pernilla Wiberg (Suè) 770 pts
2. Claudia Riegler (N-Z) 418
3. Deborah Compagnoni (Ita) 407.
VAIL (Colorado), 15 Mars (Reuter). — Eternel poissard, sacré meilleur skieur du monde, Luc Alphand vient sans doute d’achever sa spectaculaire trajectoire sur une apothéose aux airs de conte de fée.Comment aurait-il osé rêver à ce triomphe en Coupe du monde, lui dont la carrière, voire la vie, tint du miracle permanent?Aurait-il pu envisager une telle récompense, ce descendeur kamikaze devenu le plus rapide du circuit, sachant que les coureurs de sa race doivent souvent se contenter des miettes de gloire abandonnées par ceux qui skient à tous les rateliers?Cloué durant de précieuses années par des blessures plus sérieuses les unes que les autres, Luc Alphand récolte, à près de 32 ans, les dividendes de sa patience.Entamée en fanfare par un titre de champion du monde junior de descente en 1983, poursuivie sur un mode...