Or, il semble difficile que les anciennes forces gouvernementales du commandant Ahmed Shah Massoud, allié au chef de guerre nordiste, l’ancien général communiste Abdul Rachid Dostam soient en mesure de faire face avec succès à une offensive de la milice religieuse des Taliban, ces «étudiants en théologie» qui se sont emparés de la capitale afghane en septembre dernier.
Des analystes dans la région, notamment au Pakistan, estiment en effet que les troupes de l’opposition sont trop démoralisées et désunies pour empêcher la milice religieuse de prendre le contrôle du tiers du pays qui leur échappe encore.
Le chef charismatique du mouvement Taliban, le Mollah Mohammad Omar, a récemment déclaré à Kandahar, quartier général du mouvement dans le sud du pays, qu’il n’était pas question de négocier avec l’opposition.
« Si l’on tient pour acquis qu’une reddition est hors de question, l’opposition doit combattre, mais comment?», s’est interrogé un analyste. Pour certains, les troupes de l’opposition, qui n’ont connu ces derniers mois que des déboires, «doivent reprendre l’offensive», si elles ne veulent pas perdre définitivement.
Mais il y a loin de la coupe aux lèvres, dans la mesure où les mouvements de l’opposition n’ont pu montrer d’unité réelle sur le terrain en dépit de leur regroupement dans une alliance anti-Taliban quelques semaines après la chute de Kaboul le 27 septembre dernier.
La coalition regroupe les forces de l’ancien régime du président Burhanuddin Rabbani commandées par Massoud, la milice ouzbèke du général Dostam ainsi que les forces du Hezb-i-Wahdat, un mouvement chiite pro-iranien de Karim Khallili.
Les forces de ce dernier livrent, seules semble-t-il, depuis plusieurs semaines des combats contre les Taliban qui tentent de pénétrer dans leur bastion de la province de Bamyan, dans le centre du pays.
De plus, les relations entre Massoud et Dostam sont notoirement exécrables, d’autant que leurs intérêts peuvent diverger, dans la mesue où le commandant Massoud, d’origine tadjike, a des ambitions nationales alors que le général Dostam semblerait se satisfaire du maintien de son contrôle dans le nord du pays.


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