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Actualités - Reportage

La vocation touristique du Liban n'est pas limitée au haut de gamme

Contrairement à une idée qui a cours depuis l’enclenchement du processus de reconstruction, la vocation touristique du Liban ne doit pas être limitée au seul tourisme haut de gamme. Les petits hôtels, plus généralement la parahôtellerie ou autres formes d’hébergement de catégorie et de localisation hors Beyrouth, est tout à fait adaptée au Liban. Ces formes d’hôtellerie familiale (essentiellement les établissements trois étoiles) ont toujours réussi surtout dans les villes considérées comme des pôles d’éclatement, à proximité des sites touristiques majeurs ou dans les régions se prêtant au tourisme de découverte. Dans ce cadre, la formule française des «Relais de logis», modèle imité un peu partout en Europe, est fortement recommandée dans une perspective libanaise.
C’est là l’une des constatations (et projections) majeures qui résultent d’une mission française, effectuée au Liban par certains responsables délégués sur place par PROMOTOUR. PROMOTOUR, qui a pour activité l’ingénierie touristique, hôtelière notamment, est une filiale du «CEPME» (le Crédit à l’équipement des petites et moyennes entreprises). LE «CEPME» forme en France, avec la «SOFARIS» (qui donne des garanties aux banques sur les prêts), un holding commun, coiffé par la «BDPME» (Banque du développement des petites et moyennes entreprises) et contrôlé par l’Etat français.

Un tourisme sélectif
et qualitatif

Sur un financement de l’Organisation mondiale du tourisme et à l’initiative de M. Nicolas Fattouche, ministre du Tourisme, PROMOTOUR a été chargée de mettre en place un «schéma directeur de reconstruction et de développement touristiques du Liban».
«Le Liban, affirme M. Jean-Michel Cauet, directeur de «PROMOTOUR», «doit orienter son développement touristique vers un tourisme sélectif et qualitatif le plus en adéquation avec ses richesses et ses potentialités naturelles et humaines».
Autrement dit un tourisme qui correspond à l’esprit général (voire même planétaire en cette veille de l’an 2000), de «cadre de vie naturelle», qui régit l’industrie dans tous ses secteurs, surtout l’industrie touristique et agroalimentaire (les notions de «manger sain» et «manger naturel»). Cela, d’autant plus que la donne «environnementale» fait prévaloir ce tourisme-là précisément.
«La politique de développement touristique» que doit suivre le Liban doit reposer sur «deux axes stratégiques fondamentaux»: l’axe produits-marchés et l’axe aménagement spatial».
Cela signifie que le Liban devra pratiquement gagner, ou reconquérir, des marchés pour lesquels il possède «un avantage comparatif incontestable», estime M. Cauet, notamment dans le tourisme «d’affaires», «de montagne d’été et d’hiver», «culturel de type classique» et «de découverte du pays, de ses habitants et de ses sites».
Les «clientèles-cibles» visées prioritairement seront, par ordre croissant: les Libanais émigrés, les résidents au Liban, les résidents des pays arabes, les Européens de l’Ouest, Japonais et Américains (bien entendu dans une perspective, de long terme, de levée de l’embargo).
Quant à «l’axe aménagement spatial», il exige d’adopter une stratégie basée sur le «maintien du potentiel physique et de la qualité des espaces et des sites».
Cela suppose notamment, dit M. Cauet, «d’établir des «schémas régionaux d’aménagement touristique pour l’ensemble du territoire libanais divisé en quatre régions considérées comme entités géographiques pertinentes: littoral, moyenne montagne, haute montagne et Békaa».
Cela exige aussi «d’élaborer une charte de vie, des paysages et du patrimoine» (en commun par tous les ministères directement concernés), et de constituer un «Conseil supérieur du cadre de vie», au niveau des directeurs généraux, et qu’il soit assisté par un «Comité technique interministériel», chargé de la réflexion en matière de réglementation.
Il est indispensable que toute cette action soit accompagnée d’une promotion de la «notion de patrimoine historique», de sa protection et de sa mise en valeur, ainsi que d’une sensibilisation au tourisme auprès de la population.

Eductours sur le Liban

En tête des recommandations générales contenues dans le «schéma directeur de reconstruction et de développement touristiques du Liban», figure la nécessité d’orienter le développement touristique de manière à maximiser sa contribution au développement global de l’économie nationale. Cependant, cela ne va pas sans un effort global, commun à tous les ministères. Autrement dit et pour ce faire, l’interministérialité devra jouer et telle que la préconise l’O.M.T, l’Organisation mondiale du tourisme, à savoir: «Tous les ministères doivent être au service du ministère du Tourisme».
Par ailleurs et au niveau des politiques sectorielles préconisées, trois types de projets sont à réaliser en priorité: «Les projets préalables, les projets-pilote et les projets d’accompagnement».
Dans ce cadre, est-t-il bien utile de souligner (une fois de plus), l’indispensable réforme de la réglementation touristique et hôtelière existante?
Cela, sans oublier l’urgence de mettre en œuvre une stratégie de promotion de l’image (et a fortiori touristique) du Liban à l’extérieur.
Plus d’un expert étranger en effet déplore que les Libanais (et là il s’agit des responsables), «continuent de vivre sur le passé; l’image du Liban: Suisse du Moyen-Orient». Or, cette époque est révolue parce qu’au cours de ces dernières vingt années, le parc hôtelier libanais a été complètement démantelé. Dans le même temps, certaines habitudes des ressortissants du Golfe ont été entièrement modifiées. Et qui plus est l’effet des pétrodollars des années 70 s’est estompé sans oublier que les gens du Golfe ont, depuis, acheté des résidences un peu partout en Europe.
Force est également de constater qu’en moyenne, les touristes actuellement (qui arrivent par Damas et ressortent par Beyrouth), restent une journée, une nuit au Liban. Il n’y a donc pas seulement une promotion à faire du Liban, (de ce que Beyrouth et les régions peuvent offrir «d’attractif»), mais il est urgent d’établir une «mise en confiance» sur le Liban. Cela se fait par exemple par le biais d’une stratégie «d’éducatours», qui consiste (comme le nom l’indique), à inviter au Liban, les responsables des tours opérateurs et à leur faire découvrir le pays.

Profiter de l’expérience
française du crédit
à l’hôtellerie

L’expertise française recommande également aux Libanais dans une perspective de développement de l’industrie touristique, la mise en place, par l’Etat libanais, d’un organisme spécialisé, de type crédit hôtelier. Cela, étant entendu que les prêts accordés par ce crédit bénéficieront de conditions privilégiées. M. Jean-François Tassin, directeur central de la BDPME et président de «l’Institut de recherche et d’études supérieures du tourisme à la Sorbonne», affirme dans ce sens: «Nous avons une grande expérience du crédit à l’hôtellerie et nous pouvons beaucoup aider le Liban dans ce sens».
PROMOTOUR postulerait en effet, pour la mise en place d’une ligne de crédits bonifiés, assurant un système de financement adapté au niveau des unités moyennes typiques du Liban.

Nayla ABI KARAM
Contrairement à une idée qui a cours depuis l’enclenchement du processus de reconstruction, la vocation touristique du Liban ne doit pas être limitée au seul tourisme haut de gamme. Les petits hôtels, plus généralement la parahôtellerie ou autres formes d’hébergement de catégorie et de localisation hors Beyrouth, est tout à fait adaptée au Liban. Ces formes d’hôtellerie familiale (essentiellement les établissements trois étoiles) ont toujours réussi surtout dans les villes considérées comme des pôles d’éclatement, à proximité des sites touristiques majeurs ou dans les régions se prêtant au tourisme de découverte. Dans ce cadre, la formule française des «Relais de logis», modèle imité un peu partout en Europe, est fortement recommandée dans une perspective libanaise.C’est là l’une des...