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Actualités - Communiques Et Declarations

Un guêpier de sang et de catastrophes...

AMMAN, 11 Mars (AFP). — Voici une traduction non officielle du texte du message adressé par le roi Hussein au premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, tel que publié mardi à Amman par l’agence officielle Petra et qui ne comporte pas certains passages publiés par la presse israélienne.
«Je m’inquiète réellement et profondément des actes cumulés, d’une manière tragique, qui marquent le début de votre carrière en tant que chef du gouvernement d’Israël. Vous éloignez ainsi de plus en plus, tel un mirage, la paix dont je fais le principal objectif de ma vie.
«J’aurais pu me tenir à l’écart, n’eussent été que la vie et l’avenir de tous les Arabes et des Israéliens s’enlisent rapidement dans un guêpier de sang et de catastrophes résultant de la peur et du désespoir.
«Franchement, je ne peux accepter vos excuses répétées que vous agissez sous de fortes pressions. Je ne peux non plus croire que le peuple d’Israël désire l’effusion de sang et les tragédies, et qu’il s’oppose à la paix. En outre, je ne peux pas croire que le plus fort premier ministre, d’un point de vue constitutionnel, dans l’histoire d’Israël, puisse agir en dehors du cadre de ses convictions.
«Je me rends à l’évidence amère que je ne trouve pas en vous la personne qui se tient à mes côtés pour réaliser la volonté de Dieu par une réconciliation définitive entre tous les enfants d’Abraham.
«La voie que vous avez choisie semble mener à la destruction de tout ce en quoi j’ai cru de même que la famille hachémite depuis l’ère des feux Fayçal 1er et Abdallah, jusqu’à présent.
«En poussant les choses jusqu’à obtenir un veto américain au Conseil de Sécurité, vous portez préjudice à l’image et aux intérêts de votre allié et votre principale source de soutien, qui est également notre partenaire dans l’établissement de la paix en tant qu’intermédiaire juste et équilibré.
«Monsieur le premier ministre, si vous avez l’intention de pousser nos frères palestiniens vers une lutte armée inéluctable, vous n’avez qu’à envoyer vos bulldozers au site désigné pour la construction des colonies, sans tenir compte des sentiments des Palestiniens et des Arabes, de leur colère et de leur désespoir, et sans rien faire pour améliorer la situation.
«En conséquence, vous n’avez qu’à ordonner aux membres de vos puissantes forces armées qui assiègent les villes palestiniennes, de perpétrer des crimes, ce qui aurait pour résultat un nouvel exode des Palestiniens damnés de leur pays et de celui de leurs ancêtres. Ainsi vous aurez enterré à jamais le processus de paix.
«S’agissant de votre retrait des territoires, que vous vous êtes engagé devant les Etats-Unis, la Jordanie et le monde, à achever à la mi-1998, quel est l’intérêt attendu de votre offre de se retirer d’une parcelle de terre insignifiante dans une première phase? Pourquoi ce mépris continu et délibéré de ceux, parmi les Palestiniens, qu’on appelle vos partenaires de la paix?
«Est-il possible pour toute relation de se perpétuer en l’absence du respect mutuel et de la confiance réciproque? Pourquoi est-ce que les Palestiniens continuent d’affirmer que leurs produits agricoles périssent dans l’attente d’entrer à Jérusalem ou d’obtenir une autorisation à l’exportation? Pourquoi ces retards injustifiés, d’autant que nous savons que si le feu vert pour la construction du port de Gaza n’est pas donné avant la fin de ce mois, ce projet sera reporté d’une année.
«Et enfin, l’aéroport de Gaza, nous avons examiné ensemble cette question à plusieurs reprises afin d’aider les Palestiniens à satisfaire un besoin légitime et doter leur direction et leur peuple d’un accès libre au monde sans passer par d’autres pays indépendants, et les assiéger comme ils le sont actuellement.
«J’avais demandé l’autorisation d’atterrir avec mon avion personnel à l’aéroport de Gaza où je comptais accompagner le président Arafat. Auparavant, à l’occasion de mon intervention au sujet de la question de Hébron, j’avais également sollicité l’autorisation d’atterrir dans le même aéroport, mais je m’élais résigné alors à votre refus car nous étions confrontés à des questions plus urgentes.
«Cette fois, je m’attendais à une réponse positive de votre part, dans l’espoir que cela ménerait à une amélioration sensible de la situation. Mais, hélas, cela ne fut pas le cas!
«Supposons que j’avais piloté mon avion, en exerçant mon droit d’un ami lié à votre Etat par la paix, est-ce que vous auriez donné ordre aux collègues pilotes de l’armée de l’air israélienne, qui avaient déjà escorté le même avion au-dessus d’Israël dans un vol qualifié de «premier voyage de la paix» et qui semble désormais très lointain, d’empêcher par la force, ou peut-être même par le pire, mon atterrissage?
«Dans ce cas, vous ne sauriez jamais à quel point vous seriez obligé de prendre une décision sur cette question, d’autant que je devais accompagner mes hôtes à leur retour dans leur pays.
«Comment puis-je alors collaborer avec vous comme partenaire de la paix et comme véritable ami dans un tel climat de turbulences et de perturbations? Alors que je perçois (votre) intention de détruire tout ce qui a été construit entre nos deux peuples et nos deux pays. L’entêtement sur des questions fondamentales est peut-être possible, mais il est inadmissible que l’entêtement devient un objectif en soi-même.
«Dans tous les cas, j’ai découvert que vous avez au préalable tranché la question et que vous ne semblez pas avoir besoin d’un conseil d’ami. J’ai le regret de m’être trouvé obligé de vous adresser cette lettre personelle, motivée par mon sentiment de responsabilité et mon souci, et par acquis de conscience à l’égard des générations futures».
AMMAN, 11 Mars (AFP). — Voici une traduction non officielle du texte du message adressé par le roi Hussein au premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, tel que publié mardi à Amman par l’agence officielle Petra et qui ne comporte pas certains passages publiés par la presse israélienne.«Je m’inquiète réellement et profondément des actes cumulés, d’une manière tragique, qui marquent le début de votre carrière en tant que chef du gouvernement d’Israël. Vous éloignez ainsi de plus en plus, tel un mirage, la paix dont je fais le principal objectif de ma vie.«J’aurais pu me tenir à l’écart, n’eussent été que la vie et l’avenir de tous les Arabes et des Israéliens s’enlisent rapidement dans un guêpier de sang et de catastrophes résultant de la peur et du désespoir.«Franchement, je ne peux...