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Actualités - Chronologie

Washington déterminé à se retirer d'une Bosnie toujours divisée

SARAJEVO, 11 Mars (AFP). — Après avoir imposé la paix en Bosnie, Washington s’affirme déterminé à retirer à la mi-1998 ses GI’s de ce pays toujours divisé où les élections locales, cruciales pour son avenir, ont été reportées pour la troisième fois.
A 16 mois de l’expiration du mandat de la SFOR (Force de stabilisation de l’OTAN) en Bosnie, le secrétaire américain à la Défense William Cohen vient de profiter d’une tournée en Europe, dont la Bosnie, pour réaffirmer que les Européens devront prendre la tête de toute future force internationale.
Outre une condamnation des propos de M. Cohen par Sarajevo, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, les Pays-Bas et la France notamment ont affirmé qu’ils refusaient de rester en Bosnie si les Américains n’y demeuraient pas aussi.
Sarajevo craint une situation plus instable après le départ des quelque 18.000 GI’s déployés dans le nord-est du pays, et la volonté américaine de passer le relais aux Européens lui inspire des inquiétudes.
Se limitant à une mission d’observation au début de la guerre serbo-croate en 1991, l’Europe s’est montrée impuissante à arrêter le conflit.
L’exemple de Mostar, la plus grande ville d’Herzégovine située à 80 km au sud-ouest de Sarajevo, est une illustration de l’échec européen.
Dotée du plus grand budget alloué à un dossier civil en Bosnie — 170 millions de dollars —, l’Union européenne n’est pas parvenu à réunifier cette ville depuis la fin des combats croato-musulmans au printemps 1994.
L’accord de paix de Dayton a consacré la division du pays en deux entités: la Fédération croato-musulmane et la republika Srpska (RS, entité serbe). La ligne divisant ces deux entités est devenue une véritable frontière malgré la liberté de circulation, garantie par Dayton.

Des relations spéciales

Une troisième entité rebelle, la République croate d’Herceg-Bosna, dont la dissolution a été exigée à plusieurs reprises par Washington, complique encore la reconstruction d’une Bosnie unifiée.
Cette entité séparatiste, qui ambitionnait à terme être rattachée à la Croatie voisine, freine le processus de réconciliation au sein de la Fédération.
La RS, plus tournée vers Belgrade que vers Sarajevo, a signé le 28 février un accord établissant des «relations spéciales» avec la Yougoslavie (RFY, Serbie, Monténégro).
Cet accord, interprété par les milieux bosniaques comme le premier acte du rattachement territorial de la RS à la Yougoslavie, prévoit notamment que les parties pourront «franchir la frontière sans visas ni taxes» et qu’elles pourront coopérer en matière de sécurité régionale et harmoniser «leurs politiques étrangères».
Le président de la Fédération, le Croate Kresimir Zubak, qui n’a pas encore dénoncé cet accord — devant être ratifié par le Parlement yougoslave et de Bosnie-Herzégovine —, a récemment déclaré à Banja Luka que la situation des quelque 12.000 Croates en RS est «satisfaisante».
Banja Luka (nord-ouest) a été le théâtre d’une des plus féroces campagnes de nettoyage ethnique menées par les Serbes contre les Croates et les Musulmans.
Dans ce contexte, de nouvelles alliances ou rapprochements entre les anciens ennemis, l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe), chargée de l’organisation des élections en Bosnie, a décidé de reporter pour la troisième fois le scrutin municipal.
SARAJEVO, 11 Mars (AFP). — Après avoir imposé la paix en Bosnie, Washington s’affirme déterminé à retirer à la mi-1998 ses GI’s de ce pays toujours divisé où les élections locales, cruciales pour son avenir, ont été reportées pour la troisième fois.A 16 mois de l’expiration du mandat de la SFOR (Force de stabilisation de l’OTAN) en Bosnie, le secrétaire américain à la Défense William Cohen vient de profiter d’une tournée en Europe, dont la Bosnie, pour réaffirmer que les Européens devront prendre la tête de toute future force internationale.Outre une condamnation des propos de M. Cohen par Sarajevo, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, les Pays-Bas et la France notamment ont affirmé qu’ils refusaient de rester en Bosnie si les Américains n’y demeuraient pas aussi.Sarajevo craint une situation plus...