Le groupe, qui doit fusionner avec Dassault Aviation cette année et être privatisé dans la foulée, a dégagé un bénéfice net, part du groupe, de 812 millions de FF l’an dernier contre une perte de 981 millions en 1995 qui tenait compte de 1,4 milliard de FF de charges de restructuration.
Pour 1997, le groupe se fixe pour objectif un doublement des bénéfices avec un chiffre d’affaires de l’ordre de 60 milliards de FF (50,0 mds en 1996), ce que devraient permettre la progression des ventes d’Airbus, la remontée du dollar et les effets du plan d’adaptation. A la fin de l’exercice 1997, plus de 190 Airbus devraient être ainsi livrés contre 126 en 1996.
De fait, les commandes nouvelles ont fortement progressé en 1996, passant de 39,3 milliards de FF à 63,3 milliards.
La reprise est très sensible pour Airbus, où elles atteignent 31,7 milliards de FF (11,5 milliards en 1995).
«La différence majeure entre 1995 et 1996 vient fondamentalement du fait que nous avons eu des frais de restructuration élevés en 1995. La reprise de l’activité fait que nous n’avions pas besoin de nouvelles provisions en 1996», a déclaré à la presse le président du groupe, Yves Michot.
La progression du résultat d’exploitation reste limitée à 15%, passant de 639 millions à 736 millions de FF.
Airbus Industrie apporte, et de loin, la principale contribution au résultat d’exploitation du groupe, avec 1.175 millions de FF (contre 1.075 millions en 1995).
L’Aérospatiale contrôle 38% du consortium européen, aux côtés de Dasa (groupe Daimler Benz, 38% également), de British Aerospace (20%) et de l’espagnol Casa (4%).
La contribution des hélicoptères d’Eurocopter (contrôlée à 70% par le groupe et à 30% par Dasa) est négative de 224 millions de FF mais en forte réduction par rapport à 1995 (817 millions).
Après une perte qui devrait être de l’ordre de 300 millions de FF en 1996, l’horizon s’éclaircit pour Eurocopter avec 11,8 milliards de prises de commandes en 1996 contre seulement 6,8 mds en 1995, année de crise majeure pour le constructeur.
Les activités Espace et Défense apportent pour leur part 206 millions de FF (contre 412 millions de FF en 1995) de contribution au résultat d’exploitation.
En revanche, les autres activités aéronautiques apportent une contribution négative de 314 millions (-156 mlns en 1995) en raison de performances médiocres de l’activité de maintenance.
Le carnet de commandes total de l’Aérospatiale totalise ainsi 129,9 milliards de FF fin 1996, soit plus de deux années de chiffre d’affaires contre 101,5 milliards en 1995.
L’endettement net du groupe, qui a été réduit de 3,6 milliards pour s’établir à 2,9 milliards de FF, est composé en «bonne partie» de retard de paiement de l’Etat, a précisé François Auque, directeur financier du groupe.
Il devrait reculer d’encore un à deux milliards cette année pour être «pratiquement nul» en 1998, a ajouté Yves Michot.
La fusion entre Dassault et l’Aérospatiale ainsi que la privatisation devraient permettre une remontée des fonds propres du groupe, jugés actuellement insuffisants avec 4,9 milliards de FF.
Le président de l’Aérospatiale espère que la privatisation permettra d’introduire le nouveau groupe en novembre ou décembre prochain, si les conditions de marché le permettent.
Yves Michot a indiqué qu’il n’y avait pas sur le sujet de la privatisation, qu’il souhaite voir suivre le modèle de Bull, «de divergences sur le sujet» avec Dassault.
Yves Michot a réaffirmé qu’il était prêt à accueillir dans son capital, à l’occasion de la privatisation, tous les acteurs majeurs de l’industrie aéronautique française et européenne, «sans exclusive», citant notamment des groupes comme Dasa, BAe ou Gec.

