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Actualités - Opinion

Ras l'bol Pourquoi ne pas clôner... Manara ?

La corniche. Un microcosme de la société libanaise sur près de trois km de long et large, large, large. On y vient de Verdun, d’Achrafieh comme de la banlieue-sud. Il y a des jeunes, des vieux, des enfants... Mini-jupe, tchador, djellaba, costard BCBG, survêt, Jeans-tshirt-casquette, ou short, tout y est.
On croise des PDG, des employés, des plantons, des ouvriers, des femmes au foyer, des étudiants, des chômeurs. Certains font du jogging, d’autres flânent, marchent, pêchent, discutent, devisent assis sur les banquettes, dansent, chantent, content fleurette, fument le narguilé ou contemplent la mer en silence. Lorsqu’ils s’arrêtent de jouer ou de courir, les enfants comptent les avions qui passent.
Il y a les marchands de fève cuite, de termos, de châtaignes, de pop-corn et de café américain. Les petits vendeurs de «chiclets» et de loterie, le cul — de — jatte, ou le malheureux handicapé sont toujours là. Comme ceux qui déambulent en solitaire, le walkman collé aux oreilles, les joueurs de cartes, les cyclistes et les skaters glissant tels des poissons dans la foule bigarrée.
On y côtoie des étrangers de partout: des européens surtout, mais aussi des japonais (à la mode), des gens du Sud-est asiatique et des frères, beaucoup de frères.
L’attrait exercé par la corniche est sans mystère: espace et mer font bon ménage, avec la montagne en toile de fond. Cela n’a rien d’une cour des miracles. C’est tout simplement l’unique endroit encore intact échappant aux projets de reconstruction-destruction.
Nécessairement, ces petits km demeurent le seul bol d’oxygène de tous les citadins en mal d’espace, de détente, de cette grande bleue dont on les éloigne à coup de béton coulé.
La belle dame a ses habitués, ses passants, ses parfums et ses mariés qui viennent, après les festivités, pour la photo-souvenir, même à minuit. Qu’importe le temps quand le bonheur est là.
Là où chacun vit son petit ailleurs sans se soucier de l’autre. Là où personne ne dérange personne. Personne n’agresse personne quel que soit le moment du jour. Incroyable mais vrai, ce lieu est le dernier carré où personne ne songe même à maudire un estalishment «oublié» le temps d’un tour de... corniche. Mais que sont ces trois malheureux petits km linéaires le long d’une côte de 200 km.
Le succès jamais démenti à cette promenade de bord de mer devrait donner à réfléchir aux responsables et leur faire créer des corniches semblables dans d’autres régions. Si cela est encore possible sur un littoral frappé du cancer-béton.
Mais chut! Oublions tout cela. Pour une fois, faisons comme si nous étions sur la corniche...

Maria CHAKHTOURA
La corniche. Un microcosme de la société libanaise sur près de trois km de long et large, large, large. On y vient de Verdun, d’Achrafieh comme de la banlieue-sud. Il y a des jeunes, des vieux, des enfants... Mini-jupe, tchador, djellaba, costard BCBG, survêt, Jeans-tshirt-casquette, ou short, tout y est.On croise des PDG, des employés, des plantons, des ouvriers, des femmes au foyer, des étudiants, des chômeurs. Certains font du jogging, d’autres flânent, marchent, pêchent, discutent, devisent assis sur les banquettes, dansent, chantent, content fleurette, fument le narguilé ou contemplent la mer en silence. Lorsqu’ils s’arrêtent de jouer ou de courir, les enfants comptent les avions qui passent.Il y a les marchands de fève cuite, de termos, de châtaignes, de pop-corn et de café américain. Les petits vendeurs de...