Le tremblement de terre de vendredi a frappé une région agricole pauvre, détruisant partiellement ou totalement 110 villages aux maisons de brique et de torchis.
A Ardébil, le Croissant-Rouge iranien a installé des tentes aux carrefours pour recueillir les dons de la population.
Ballots de linge multicolores, lampes à pétrole, réchauds ou paires de chaussures sont recueillis aux quatre coins de la ville et des villages avoisinants, avant d’être triés et distribués.
«Beaucoup de gens se sont installés à Ardébil pour trouver du travail, mais gardent des liens très forts avec leur famille restée à la campagne. Quand un enterrement ou un mariage a lieu, il n’est pas rare de voir la population des villages doubler soudainement», raconte Mohsen, un habitant de la région.
«Quand un village est détruit à 100%, la population est relogée prioritairement dans les villages voisins s’ils sont moins affectés», souligne Youssef, volontaire dans un centre de secours.
Des tentes et des couvertures ont été rapidement distribuées, mais le froid très vif qui règne sur cette région de l’Azerbaïdjan iranien implique un relogement rapide dans des bâtiments en dur, souligne-t-il.
Dans plusieurs villages, le bétail a été regroupé dans les enclos demeurés intacts, quelques agriculteurs assurant une surveillance collective du cheptel. Les paysans ont souvent mis en commun une partie des habits, des ustensiles de cuisine et des réchauds récupérés dans les décombres pour les trier et les redistribuer.
Les pneus des véhicules détruits, camions, voitures ou tracteurs, ont également été récupérés pour servir à allumer des feux, dans cette zone pauvre en bois de chauffage.
Le réseau religieux omniprésent en Iran, où aide sociale et œuvres musulmanes se confondent, a pris également une place de premier plan. La mosquée, souvent le seul bâtiment en matériaux modernes à avoir résisté dans de nombreux villages, sert fréquemment de centre de secours et de distribution de vivres, ou encore de dortoir, a-t-on constaté.
«Nous avons organisé la distribution de pain, de couvertures, de conserves, de biscuits et de tentes», a affirmé Khodabakhch Ali-Zadeh, un mollah d’Ardébil.
A Ardébil même, plusieurs mosquées servent de centre d’hébergement et organisent des navettes en camionnette vers les villages dévastés pour apporter des vivres, ou permettre aux réfugiés d’assister aux enterrements.


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