Ce débrayage, décidé en riposte à la fermeture projetée de l’usine belge de Vilvorde et à «l’imminence d’un plan social musclé en France», précise un communiqué commun des syndicats, s’inscrit dans le cadre de la journée d’action dans l’ensemble de la branche automobile belge contre la fermeture de l’usine flamande.
Les syndicats ne précisent pas l’ampleur de ce plan social en France, mais des sources industrielles le chiffrent à «un peu moins de 3.000 salariés», ce qui en ferait le plan le plus drastique depuis les 3.700 postes supprimés en 92. Entre-temps, les réductions annuelles d’effectifs ont été de 1.641 à 2.200.
Les syndicats français (CGT, CFDT et CFTC), belges (ACLVB, CSC et FGTB) et espagnols (CCCO et UGT) ajoutent dans leur communiqué qu’ils vont organiser des délégations à l’occasion du comité central d’entreprise extraordinaire du jeudi 6 mars à Paris, ainsi que des débrayages en France dans les usines touchées, le 7 mars, par du chômage technique.
Ils vont en outre préparer «une grande manifestation à Paris à l’occasion de la réunion extraordinaire du comité de groupe européen».
Les syndicats ont décidé de «tout mettre en œuvre pour empêcher les transferts de fabrication en provenance de Vilvorde et d’engager toutes les procédures juridiques qui s’imposent pour mettre en échec les décisions inadmissibles de Renault».
Enfin, les huit syndicats signataires de cet appel disent prendre contact avec leurs homologues slovènes et portugais «pour examiner les initiatives communes dans la période».
Manifestation à Bruxelles
A noter que les représentants de tout ce que la Belgique compte d’entreprises en difficulté ont manifesté lundi dans les rues de Bruxelles pour protester contre la fermeture annoncée de l’usine Renault de Vilvorde.
«Aujourd’hui Vilvorde. Et demain?», pouvait-on lire sur un calicot brandi par quelque 4.000 personnes qui avaient envahi le quartier européen de la capitale dans une atmosphère bon enfant, avant de se disperser vers midi sans incident notable.
Une dizaine de policiers coincés dans une entrée d’immeuble ont bien essuyé des jets de pierre à la limite du quartier gouvernemental, mais les responsables syndicaux eux-mêmes ont mis fin à l’affrontement en calmant des manifestants excités.
Les 3.100 membres du personnel de Renault Industrie Belgique (RIB), une usine d’assemblage de Megane et de Clio située dans la grande banlieue de Bruxelles, ont été rejoints par les travailleurs de plusieurs entreprises belges en difficulté.
Une forte délégation des Forges de Clabecq, une entreprise sidérurgique wallonne en faillite, du fabricant d’engins de chantier Caterpillar, de la compagnie aérienne Sabena ou encore de l’usine bruxelloise de Volkswagen était présente.


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