Le bilan hebdomadaire se solde par un gain de 1,7%, l’indice CAC 40 terminant vendredi soir à 2.607,55 points.
Depuis le début de l’année, les valeurs françaises affichent un gain de l’ordre de 13%.
Les marchés financiers semblent une fois encore sourds aux appels à la raison lancés par Alan Greenspan. En décembre dernier, le patron de la Réserve fédérale américaine les avait mis en garde contre leur «exubérance irrationnelle».
Malgré ce rappel à l’ordre, la bourse américaine a continué à progresser (+10%) pour se rapprocher récemment du sommet des 7.000 points.
Tout en se félicitant de «l’extraordinaire hausse du marché boursier», M. Greenspan a cette semaine à nouveau dénoncé l’«excès d’optimisme» qui pouvait semer «les graines de sa propre déconfiture». Pendant quelques minutes, les marchés ont accusé le coup avant de reprendre leur marche en avant sous la houlette du dollar.
Après avoir l’an dernier joué la baisse des taux d’intérêt, les investisseurs ont un nouveau baromètre qu’ils consultent à tout instant: le billet vert.
Sa hausse depuis l’automne dernier traduit, selon Jean Borjeix, économiste de la société de bourse Pinatton, l’amélioration de la situation économique américaine, et plus généralement l’assainissement du système monétaire international. Le billet vert devrait se maintenir dans la zone des 5,50FF-5,60FF au cours des mois à venir, constituant ainsi le facteur de soutien principal des marchés européens, estime encore cet expert.
Un dollar fort favorise la compétitivité des produits européens et contribue donc à l’amélioration des résultats des entreprises.
D’autres économistes s’attendent à une pause de la devise américaine qui aboutirait à une phase de consolidation des marchés.
Mais cette pause devrait être de courte durée, répondent en chœur les investisseurs, en raison des conditions monétaires. Les taux d’intérêt à long terme qui ont perdu 70 points de base depuis l’été dernier (5,5% contre 6,2%) devraient rester stables au cours des prochains mois (5,50%), soit environ 200 points de base en dessous des américains, note encore M. Borjeix.
Inflation modérée — hausse de 0,3% en France en janvier —, politique budgétaire plus stricte en Europe, croissance soutenue, mais en voie de ralentissement au cours des prochains mois Etats-Unis expliquent cette anticipation d’argent peu cher en dépit des menaces de resserrement des rênes du crédit aux Etats-Unis, comme l’a évoqué cette semaine Alan Greenspan.
Wall Street pourrait réagir violement à une hausse des taux mais les places européennes ne devraient pas trop en souffrir car les économies américaine et européenne ne sont pas dans la même phase économique et la bourse américaine a quelques longueurs d’avance, estiment encore les experts.


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