Le royaume séoudien et ses partenaires du Conseil de coopération du Golfe (CCG) sont parvenus à combler leurs déficits budgétaires en 1996, en raison de la hausse des cours du brut, a indiqué un rapport de la Commission économique et sociale de l’ONU pour l’Asie occidentale (ESCWA), obtenu jeudi par l’AFP.
L’ESCWA, qui regroupe les pays du CCG — Arabie Séoudite, Koweit, Emirats arabes unis, Qatar, Bahrein et Oman —, l’Irak ainsi que six autres pays arabes, indique que les taxes non pétrolières dans les monarchies du Golfe proviennent essentiellement des taxes douanières, qui n’ont représenté que 8% du Produit intérieur brut (PIB) entre 1992 et 1994.
«De surcroît, les revenus des taxes pourraient être accrus en augmentant la portée du système d’impôts sur le revenu. Toutefois, cette politique de réformes devra être appliquée progressivement alors que les cours du brut sont relativement élevés», selon l’ESCWA.
Le rapport met en garde les six pays du CCG, qui contrôlent 45% du pétrole dans le monde, contre l’augmentation subite et importante des taxes non pétrolières pour répondre à un «possible déclin des revenus pétroliers».
Les pays du CCG imposent des taxes limitées aux compagnies et banques, mais n’imposent pas d’impôts sur le revenu aux individus.
Avec l’appui du Fonds monétaire international (FMI), le royaume séoudien a majoré les tarifs de l’électricité et de l’eau et ceux des vols aériens intérieurs, dans le cadre des réformes qui visent à éliminer progressivement les subventions de l’Etat.
Mais l’Arabie, qui assure plus de 12% des livraisons mondiales de brut, évite la création d’impôts, après qu’une décision de ce genre eut poussé les hommes d’affaires étrangers à retirer massivement leurs fonds en 1980.
Ryad était alors revenu sur sa décision, ce qui avait poussé ses partenaires du CCG à renoncer à la création d’impôts.
Les pays du CCG, qui s’efforcent d’alléger la pression sur leurs budgets, ont en revanche imposé davantage de redevances sur certains services et éliminé graduellement les subventions.
Le rapport relève toutefois que la hausse importante des cours du brut a «permis aux gouvernements arabes de reporter la réduction des subventions sur certains produits et services».
La majorité de ces pays tablent sur un budget équilibré vers l’an 2000, mais les experts doutent que cet objectif puisse être atteint, ces Etats ayant de lourdes dettes et d’importantes dépenses consacrées à la défense.


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