Bon nombre d’actionnaires, nullement séduits par une organisation à l’américaine avec en prime l’apparition télévisée du présentateur d’ABC Peter Jennings, ne se sont pas privés de demander pourquoi Disney avait versé plusieurs millions de dollars d’indemnités à l’ex-vice président Michaël Ovitz et signé avec Eisner un nouveau contrat de 10 ans qui, affirment certains, pourrait atteindre les 400 millions de dollars.
«Je n’ai rien contre M. Eisner, a dit l’un d’eux. Il a fait du bon travail mais je pense que ce contrat est un peu trop juteux». « Il gagne plus que le président des Etats-Unis», a lancé un autre.
Eisner a admis que la décision d’engager Ovitz fut «une erreur de jugement» mais il a ajouté qu’une fois reconnue il s’était dépêché de la réparer «sans cela, le coût pour la société, déjà élevé, l’aurait été encore plus».
Ovitz, ancien patron de l’agence de casting Creative Artists Agency, fut embauché pour prêter main forte à Eisner dans la gestion de Disney après l’absorption de Capital Cities/ ABC Inc. Très vite le loup blanc de Hollywood entra en conflit ouvert avec la direction du géant de Burbank et remit sa démission après seulement 14 mois de présence.
Mais malgré la fronde de certains, Eisner a vu son nouveau contrat approuvé par plus de 88% des suffrages exprimés. Les actionnaires ont également accepté un nouveau système de primes au résultat pour la direction et la réélection de cinq membres du conseil d’administration.
Il y a eu pourtant plus de 12,5% de voix contre le conseil d’administration, ce qui est plus élevé que d’habitude.
Les administrateurs de Disney ont décidé de verser à Ovitz près de 39 millions de dollars d’indemnités de départ, en numéraire et en options sur trois millions de titres évalués à 56 millions de dollars environ.
Ce qui n’a pas été du goût de tout le monde, notamment de la caisse de retraite des employés du secteur public de Californie qui jouit d’une influence certaine.
Eisner a longuement plaidé pour le conseil d’administration dans son discours d’ouverture et fait valoir que bon nombre des membres du conseil d’administration ont préservé l’intégrité du groupe quand celui-ci était visé par des OPA en 1984.
«C’est un conseil actif, engagé, mais aussi exigeant», a-t-il résumé. Depuis 1984, a poursuivi Eisner, le chiffre d’affaires de Disney est passé de 1,5 à près de 19 milliards de dollars. Mille dollars investis chez Disney en 1984 vaudraient 22.274,09 dollars aujourd’hui, soit un rendement de 2.445%, a-t-il observé.
Deux au moins des actionnaires ont estimé qu’il faudrait prélever sur le contrat d’Eisner le montant des indemnités d’Ovitz compte tenu du fait que le premier a reconnu s’être trompé en engageant le second.


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