«J’envisage sérieusement d’abdiquer sans pour autant vouloir aller vivre à l’étranger», explique le roi, âgé de 74 ans, qui, avant de remonter sur le trône à la suite de l’adoption d’une nouvelle Constitution fin 1993, avait dû plusieurs fois se réfugier hors du Cambodge.
«Mes jours et ceux de la monarchie khmère sont comptés, et cela en dépit du fait que la majorité de notre peuple et de nos vénérables moines restent extrêmement attachés à ma personne», ajoute-t-il.
Le roi Sihanouk s’empresse aussitôt de préciser qu’il se heurte à un «double» problème en voulant agir de la sorte.
«D’abord, comment abdiquer sans qu’on m’attribue la responsabilité de ce qui irait mal au Cambodge et sans qu’on m’accuse de vouloir m’impliquer dans la vie politique du pays?» s’interroge-t-il.
Même si, affirme le roi, «je ne me présenterais jamais» aux élections législatives prévues en 1998 et «il ne sera jamais question pour moi de ressusciter le SRN (son ancien parti) ou fonder un nouveau parti politique».
Deuxième problème, poursuit le roi Sihanouk, «une fois redescendu du trône, pourrais-je vivre tranquillement au sein de la mère-patrie et auprès de ceux et celles qui m’aiment et qui m’ont demandé de ne plus m’enfuir à l’étranger les laissant orphelins», poursuit-il.
Le bulletin dans lequel le roi expose cette position a été publié quelques heures après son départ mercredi pour la Chine, où il doit subir des examens médicaux. Sihanouk dispose d’une résidence dans ce pays où il se rend trois ou quatre fois par an pour des bilans de santé. Il devrait, en principe, retourner au Cambodge dans quatre à six semaines.
En novembre, il avait indiqué qu’il comprenait l’inquiétude soulevée par la question de sa succession au trône et déploré l’absence d’une loi sur le remplacement du roi.
En théorie, il y a de nombreux successeurs potentiels au roi Sihanouk, mais le favori semble être le prince Norodom Ranariddh, l’un des cinq fils survivants du monarque et actuel copremier ministre.


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