1«Le ministre des Finances allemand n’épargnera pas ses efforts pour respecter les critères», a-t-il dit au «Franckfurter Allgemeine Zeitung» (FAZ), lors d’un entretien paru dimanche.
«Trois (pour cent) c’est trois (pour cent). Nous avons développé notre concept budgétaire de telle manière, et avec l’assentiment des différentes autorités locales et régionales, que le déficit sera de 3,0% du PIB en 1997», note Waigel.
«Les banques et les sociétés de crédit immobilier ont toujours exigé que les critères soient respectés. Nous voulons un euro fort et stable comme le deutschemark».
Les clauses du traité de Maastricht qui gouvernent la création de la Banque centrale européenne (BCE), laquelle doit voir le jour à Francfort en 1998, sont clairement orientées dans le sens de la stabilité et réservent à la BCE des prérogatives encore plus étendues que celles de la Bundesbank, poursuit le ministre des Finances.
Il n’est donc pas question d’astuces comptables pour adhérer à l’UEM, insiste Waigel. A cet égard, les Finances ont démenti samedi que Bonn souhaite que les paiements à l’Union européenne soient pris en compte pour déterminer si les pays respectent les critères d’adhésion, comme l’affirme le quotidien Bild.
Le choix des élus à l’UEM doit se faire au printemps 1998, sur la base des comptes de 1997. L’UEM doit normalement démarrer le 1er janvier 1999.
Des experts du ministère des Finances estiment toutefois que l’Allemagne ne remplira pas le critère de la dette publique, rapporte l’hebdomadaire «Focus».
La dette publique représenterait 61,5% du Produit intérieur brut (PIB) cette année contre 60,5% en 1996, alors que le traité de Maastricht prévoit un maximum de 60%, ont-ils calculé.
«Focus», dans son article à paraître lundi, ne nomme pas les experts en question, ni ne précise leur rang ou encore les conditions dans lesquelles il a obtenu ces prévisions.
Une porte-parole des Finances a dit qu’il était prématuré de faire des prévisions sur ce rapport de la dette au PIB et ajouté que le ministère n’avait fait aucune projection officielle du type de celle rapportée par «Focus».
La porte-parole n’a toutefois pas exclu que le magazine ait contacté des hauts fonctionnaires du ministère.
Toute une
génération
Bien que le traité de Maastricht laisse une certaine latitude aux pays qui ratent le critère de la dette, s’ils paraissent pouvoir réduire suffisamment leur endettement, «Focus» remarque que l’endettement de l’Allemagne n’a cessé d’augmenter depuis 1991 et laisse entendre que les produits des privatisations pourraient peut-être sauver la mise de Bonn.
Ces produits pourraient être pris en compte non pour le critère du déficit budgétaire (qui ne doit pas excéder 3,0% du PIB) mais pour celui de l’endettement.
Pour autant, un ancien membre du conseil central de la Bundesbank a toutefois affirmé qu’il n’hésiterait pas à saisir la Cour constitutionnelle de Karlsruhe si Bonn tentait de manipuler les comptes.
«Depuis 1995, notre pays n’a pas rempli les critères financiers qui paraissent d’une importance vitale et je ne crois pas qu’il les remplira davantage en 1997 ou en 1998», écrit Wilhelm Nölling dans le Mail on Sunday.
Ce dernier ne croit pas que l’Allemagne sera prête à temps pour l’UEM et réclame un report de l’UEM.
Tout comme 77% des Allemands, si l’on en croit un sondage qui doit paraître lundi dans le magazine Der Spiegel. Il n’y aurait que 18% d’Allemands à souhaiter que l’UEM démarre bien le 1er janvier 1999, selon cette enquête d’opinion menée par l’institut Emnid auprès de 1.500 personnes du 14 au 17 février.
C’est le dernier en date des sondages à révéler l’inquiétude allemande vis-à-vis de l’euro. D’autres montrent toutefois que l’euro n’est vraiment pas l’un des soucis majeurs des Allemands.
Le président de la Commission européenne, Jacques Santer, juge néfaste un éventuel report de l’UEM. «Si nous repoussons la date, je crains que l’union monétaire ne saute toute une génération», a-t-il dit samedi, lors d’une réunion de la section du Bade-Wurtemberg de l’Union chrétienne-démocrate (CDU), le parti du chancelier Helmut Kohl.
Il préconise toutefois un strict respect des critères de Maastricht. «Je n’hésiterai pas à dire que l’euro a toutes les chances d’être au moins aussi fort que le deutschemark», a-t-il observé.


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