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Actualités - Chronologie

L'Opéra se met à l'heure du siècle Aida, CNN et Internet

COLOGNE (Allemagne), 24 Février (AFP). — L’ouvrage lyrique le plus populaire de Verdi, Aïda, a fait scandale le week-end dernier à l’opéra de Cologne, débarrassé de sa bimbeloterie égypto-antique et transposé dans le meilleur des mondes d’Internet et du Cyberspace.
Foin des pyramides de carton-pâte, des éléphants, et des cohortes de fantassins qui fleurissent sur tous les plateaux du monde dès qu’il est question d’Aïda. Gian-Carlo del Monaco, le directeur de l’opéra de Bonn qui a signé la mise en scène, a opté pour l’intimité et la sobriété, à ses risques et périls.
Privé de son péplum hollywoodien, le public est un peu perdu. Applaudissements nourris et sifflements mêlés en ont fait la démonstration samedi, jour de la première.
Gian-Carlo del Monaco, l’enfant terrible de l’opéra allemand, est parti d’un principe simple: le thème d’Aïda, les amours impossibles et contrariées, usé jusqu’à la lie par Verdi et surtout ses librettistes, est éternel et universel.
Voici donc Aïda (Carolyn James), Radamès (Gabriel Sadé) et Amneris (Dalia Schaechter) vêtus à la Star Trek sur fond de circuits imprimés, de lasers et de fumigènes. La guerre entre Egyptiens et Ethiopiens devient un conflit, chirurgical et technologique à souhait, retransmis «live» sur une chaîne d’information planétaire, petite sœur de CNN.
Les images du bombardement par un F-16 américain de bases irakiennes pendant la guerre du Golfe défilent sur un écran tombé des cintres. Pour occire Amonasco (Donnie Ray Albert), roi des Ethiopiens et père d’Aïda, le grand-prêtre des Egyptiens, Ramphis (Franz-Josef Selig) s’empare d’un sabre-laser tout droit sorti de la «Guerre des Etoiles».
Quand leurs voix retentissent des coulisses, chanteurs et cantatrices apparaissent sur deux moniteurs d’ordinateurs, placés de part et d’autre de la scène. Tout à tour, Aïda et Amneris, engagées dans une lutte à mort pour toucher le cœur du héros égyptien Radamès, caressent l’image du bien-aimé sur les écrans. On est en plein cybersex.
Et comme la guerre profite toujours à ceux qui ne la font pas, un ballet de yuppies — les véritables vainqueurs — salue la victoire égyptienne, armés de téléphones cellulaires devant l’écran géant des cours de la bourse.
Tout cela serait parfaitement gratuit si l’opéra de Verdi n’était pas le fruit des amours de la révolution industrielle et du télégraphe. Les trompettes du deuxième acte ont retenti pour la première fois dans la fosse de l’opéra du Caire qu’elles ont inauguré un soir de décembre 1871. Les costumes et les décors avaient été conçus à Paris et Verdi n’a jamais mis les pieds en Egypte, préférant son Italie natale.
Rien n’eût été possible sans l’invention de l’ingénieux Ampère. Un siècle plus tard, son télégraphe électrique a cédé la place à Internet. Mais l’esprit reste le même.
La vision de Gian-Carlo del Monaco s’achève sur une ultime provocation. Pendant le duo d’amour tragique de Radmès et Aïda réunis dans la tombe, des images de synthèse illustrent le Kâma Sûtra.
COLOGNE (Allemagne), 24 Février (AFP). — L’ouvrage lyrique le plus populaire de Verdi, Aïda, a fait scandale le week-end dernier à l’opéra de Cologne, débarrassé de sa bimbeloterie égypto-antique et transposé dans le meilleur des mondes d’Internet et du Cyberspace.Foin des pyramides de carton-pâte, des éléphants, et des cohortes de fantassins qui fleurissent sur tous les plateaux du monde dès qu’il est question d’Aïda. Gian-Carlo del Monaco, le directeur de l’opéra de Bonn qui a signé la mise en scène, a opté pour l’intimité et la sobriété, à ses risques et périls.Privé de son péplum hollywoodien, le public est un peu perdu. Applaudissements nourris et sifflements mêlés en ont fait la démonstration samedi, jour de la première.Gian-Carlo del Monaco, l’enfant terrible de l’opéra allemand,...