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Actualités - Chronologie

Chine : la nervosité subsiste malgré le calme apparent

PEKIN, 23 Février (AFP). — Les journées de deuil national décrété après la mort de Deng Xiaoping mercredi se déroulent dans un calme apparent qui donne l’image d’un pays nettement plus stable que lors du décès de Mao Tsé-Toung il y a 20 ans, mais certains signes trahissent pourtant une certaine nervosité.
A la différence des funérailles de Mao Tsé-Toung en septembre 1976 qui suscitèrent des scènes d’hystérie collective à travers le pays, la Chine affiche une sérénité que la mort du patriache n’a pas beaucoup troublée.
Il n’y a guère eu que dans son village natal dans le Sichuan (sud-ouest) où des dizaines de milliers de Chinois se sont rassemblés ces derniers jours pour exprimer leur émotion. Dimanche encore, une foule affluait, encore plus dense. Mais ailleurs, la vie semble avoir suivi un cours presque normal.
«Les Chinois n’ont jamais aussi bien vécu que maintenant. Ils le doivent à Deng Xiaoping. Au fond d’eux-mêmes, ils sont tristes, mais le fait qu’ils n’aient pas besoin de le montrer témoigne de la plus grande maturité du système», souligne Zhang Zeming, gérant d’un restaurant à Pékin.
«La Chine est stable pour la bonne raison que l’immense majorité des Chinois n’aurait aucun intérêt à revenir en arrière sur la route des réformes économiques», ajoute-t-il.
Lors de la mort de Mao, la popoulation connut un grand choc psychologique car le «Soleil de la Chine» était à l’époque vénéré comme un quasi-dieu immortel, entouré d’un culte de la personnalité échevelé.
Rien de cela pour Deng Xiaoping qui, au contraire, a tenu à la plus grande simplicité dans le déroulement du deuil afin de donner l’image d’un homme proche du peuple jusque dans sa mort, souligne Cheng Yong, un consultant chinois employé par une société étrangère.
«Cette simplicité a également été voulue par les autorités elles-mêmes et montre de leur part une plus grande confiance dans l’avenir», ajoute-t-il.
Pourtant certains signes montrent que les autorités se sont préparées pour faire face à tout incident ou débordement populaire.
Ainsi Place Tiananmen, au cœur de Pékin, la situation semblait à première vue parfaitement normale dimanche. Quelques centaines de promeneurs déambulaient comme d’habitude sur l’immense place où toutes les décorations du Nouvel-An chinois ont été enlevées pour marquer le deuil.

Mais un grand nombre de policiers en civil, l’œil aux aguets, semblaient prêts à intervenir en cas d’attroupement suspect. Des policiers en civil sont aussi bien visibles aux abords des lieux publics comme les ministères. La garde était renforcée le long de l’entrée sud de la Cité Interdite, face à la place, là où est encore accroché un énorme portrait de Mao Tsé-Toung.
«Nous aurions voulu déposer des gerbes de fleurs devant le monument aux Martyrs de la Révolution (sur la place), mais nous ne pouvons pas le faire. C’est interdit», a dit une Chinoise de 29 ans qui a voulu garder l’anonymat. «Les autorités ont peur qu’un hommage populaire ne dérape et ne devienne incontrôlé», dit-elle.
Un porte-parole de la police a confirmé dimanche qu’un grand nombre de Chinois s’étaient spontanément rassemblés jeudi autour de la place centrale de Chengdu, capitale du Sichuan natal de Deng, où ils ont crié des slogans de soutien à la politique de réformes et déposé des couronnes. Ils étaient moins nombreux vendredi et invisibles samedi, selon ce porte-parole.
Selon ses dernières volontés, communiquées sous la forme d’une lettre attribuée à sa famille, Deng Xiaoping sera incinéré et ses cendres seront répandues en mer. Mao Tsé-Toung a été embaumé et sa dépouille repose dans un mausolée ouvert au public sur la Place Tiananmen.
Si elle peut dénoter une normalisation de la Chine, la sobriété voulue par la direction chinoise pour les funérailles semble bien aussi viser à prévenir une explosion populaire.
Le pouvoir a en effet en mémoire les débordements qui suivirent la mort de l’ancien chef du parti Hu Yaobang en avril 1989 devant le même monument aux Martyrs et qui donnèrent naissance à l’immense mouvement de contestation écrasé dans le sang Place Tiananmen dans la nuit du 3 au 4 juin 1989.
Le Jour des Morts le 5 avril 1976, quelques mois après la mort du premier ministre Zhou Enlai avait lui aussi vu une manifestation populaire qui tourna à l’émeute et fut durement réprimée.
PEKIN, 23 Février (AFP). — Les journées de deuil national décrété après la mort de Deng Xiaoping mercredi se déroulent dans un calme apparent qui donne l’image d’un pays nettement plus stable que lors du décès de Mao Tsé-Toung il y a 20 ans, mais certains signes trahissent pourtant une certaine nervosité.A la différence des funérailles de Mao Tsé-Toung en septembre 1976 qui suscitèrent des scènes d’hystérie collective à travers le pays, la Chine affiche une sérénité que la mort du patriache n’a pas beaucoup troublée.Il n’y a guère eu que dans son village natal dans le Sichuan (sud-ouest) où des dizaines de milliers de Chinois se sont rassemblés ces derniers jours pour exprimer leur émotion. Dimanche encore, une foule affluait, encore plus dense. Mais ailleurs, la vie semble avoir suivi un cours...