Mais cette fois, les lacs, mares et étangs aux nénuphars n’occupent pas l’intégralité des tableaux accrochés. Le pinceau de Chamoun aborde un autre thème «vert». La forêt fait, en effet, son apparition sur les cimaises de la galerie. Et dégage une jubilation luxuriante…
La galerie Janine Rubeiz (Corniche) présente, jusqu’au 12 mars, les peintures récentes de Rose Husseiny. Une quarantaine d’huiles sur papier et quelques mixed médias qui, par une pure abstraction, entraînent le spectateur vers les profondeurs de son imagination.
L’exposition a deux faces, semble-t-il. Dans la première, l’artiste recouvre la toile entière d’une même couleur — sombre de préférence — qu’elle gratte, incise, érafle pour faire ressortir des éclats de touches vives et claires. Cela donne des espèces de toiles - «gouffres» qui happent le regard pour l’emporter dans l’insondable des «résonances mystérieuses» ou dans «les ombres des rêves»…
Mais il y a aussi les couleurs feu: un mélange de camaïeu pourpre et grenat pour dire l’explosion de la passion. Les tons beige-sable quant à eux «dessinent» le désert. Et font, une espèce de transition avec la seconde partie de l’exposition, à forte dominante de blanc. Un blanc habité, qui contrairement aux «gouffres de couleurs sombres» ne happe pas mais fait plutôt rejaillir à la surface les éléments, traits, lignes et formes géométriques qui déclinent un registre «lumineux» allant du «triomphe du jour» aux «tapisseries de lumière»…
La galerie World of Art (Mazraa) accroche jusqu’au 27 février, 57 toiles abstraites «inspirées de la musique et des notes musicales de la vie», de Renée Sawaya. Qui est par ailleurs musicienne...
La galerie Epreuve d’Artiste (Sursock) accueille, jusqu’au 1er mars, un peintre français, Bruno Lassale.
Tableaux
patchworks
Une trentaine de pastels à l’huile sur carton et d’acryliques sur carton marouflé forment des espèces de tableaux-patchworks. L’artiste superpose et juxtapose des plans de couleurs contrastées qu’il emplit de motifs façon tissu imprimé. Ça et là, des animaux pointent le museau, semblant surgir de nulle part. Des symboles et des signes s’accumulent pêle-mêle. Il y a aussi des figures et des formes «totémiques» ainsi que des corps de femmes sans tête, aux formes plantureuses qui reviennent de manière récurrente dans la majorité des toiles. Tantôt alanguies, tantôt repliées, allongées, renversées, des silhouettes à la Botéro qui ajoutent une note insolite à ces compositions pleines de fantaisie...
Des paysages libanais aux coloris fauvistes ainsi que des portraits exotiques de Sri lankaises entourées de végétation luxuriante donnent aux œuvres de Lucy T., exposées jusqu’au 1er mars à la galerie Emmagoss (Zalka), de faux airs de rétrospective Gauguin.
L’artiste, Lucy Tutunjian est une grand-mère dont la joie de vivre et la curiosité d’esprit restent intactes. Il y a d’ailleurs comme une plénitude joyeuse dans ses toiles. Cela ressort des sujets hétéroclites qu’elle traite avec des couleurs intenses et pures. Et qui vont des portraits exotiques donc, à ceux plus classiques de ses petits-enfants en passant par des paysages façon post-impressionniste, des nus, des compositions florales, des «images» de coureurs automobiles sur fond de campagne ou des «jeux de jambes au football»...
Une trentaine de tableaux d’une composition découpée en plans de couleurs qui s’imbriquent façon puzzle pour dessiner une scène, un paysage ou un visage...
La galerie Maraya (Sami el-Solh) expose, jusqu’au 15 mars, les «Traces» de Aziza Harb. Une quarantaine de mixed médias abstraites aux couleurs terre, ocre et brun relevées de larges plages de jaune.
Aziza Harb travaille ses tableaux à l’acrylique. Elle y colle du papier, du sable, des morceaux d’ardoise, des bouts de bois qu’elle recouvre à nouveau de longs coulis de peinture. Et trace, les surfaces vides, des rayures horizontales ou verticales, des hachures bien alignées ou de simples lignes brisées. Des compositions épurées et qui parlent d’«oubli», de «chaleur intérieure», de «bribes de mémoire»...
L’Académie libanaise des Beaux-Arts (Sin el-Fil) présente, jusqu’à demain vendredi 21, une cinquantaine de peintures et de sculptures des «jeunes talents de l’ALBA». Une quinzaine d’anciens étudiants qui ont bénéficié d’une bourse de l’Ecole nationale d’art de Cergy exposent dans la salle polyvalente de l’ALBA quelques-unes de leurs œuvres.
Eclats vifs et
dessins naïfs
Roula Kazan représente des ateliers de travail où s’entassent pêle-mêle les pots de peinture de différentes couleurs et fait jaillir d’un fond noir quelques éclats de tons vifs. Tandis que Julie Bou Farah reste fidèle à ses dessins naïfs. Janine Sabbagh se perd dans les profondeurs marines. Et Leila Kanaan peint des nus aux muscles saillants, au regard d’une violence contenue. Christine Kfoury Jabbour imprègne ses tableaux de mysticisme oriental. Louna Maalouf peint des paysages brumeux et poétiques. Désirée Abi Jaber appose des symboles et des dessins primitifs à ses toiles. Ange Khalil joue l’abstraction totale en gris et noir. Lydia Chakerian décline sur un triptyque les différents registres de la détresse humaine. Youssef Aoun travaille les techniques mixtes: sable, bois, écheveaux...
Couleurs et sculptures
Il y a aussi des silhouettes et des portraits auréolés de tristesse de Samar Maalouf... Les toiles hautes en couleurs de Nicole Ali Harfouche, (homonyme du doyen de la branche arts plastiques), de Jocelyne Sfeir, de Carole Chaker et d’Amal Dagher... Le tout ponctué de sculptures de Nabil Hélou aux formes géométriques tantôt arrondies, tantôt angulaires en pierre et métal...
Des visages singuliers pointent, jusqu’au 28 février, le bout de leur fin menton sur les cimaises de la galerie Rosette (Rizk advertising. Achrafieh).
Pour sa première exposition individuelle, Georges Bassil a choisi de présenter sa propre galerie de portraits. En solo, en duo ou en trio des silhouettes d’hommes et de femmes. Debouts, assis, accoudés mais toujours pensifs, en attente... et finalement solitaires.
Ce jeune artiste décline sur 70 toiles (acrylique et gouache) presque le même visage aux traits épurés, minimalistes, à la partie inférieure rétrécie. Tout se joue au niveau du regard: charbonneux, clair, appuyé, fixe, ensommeillé... Et de la paupière: alourdie par une épaisse couche de couleur noire ou pourpre, ou ligne à peine appuyée. En trois séries: camaïeu de bleu-gris, camaïeu de beige et tracé noir sur fond blanc et pourpre, des tableaux — comme les yeux — miroirs de l’âme. Dans tous ses états...


À Verdun, un « sommet spirituel » pour préserver l’unité nationale... et donner un coup de pouce au pouvoir