Le mouvement de contestation des épargnants spoliés s’est radicalisé au fil des jours en une fronde antigouvernementale. A Vlorë et Fieri, dans le sud du pays, les manifestants réclament chaque jour la démission du premier ministre démocrate Aleksander Meksi, qu’ils jugent responsable du désastre.
On estime qu’un Albanais sur trois a englouti ses économies dans ses fonds d’épargne qui proposaient de 35 à 100% d’intérêts mensuels.
Les autorités ont pu saisir l’équivalent de 300 millions de dollars sur les comptes de deux des «pyramides financières» mais le montant du préjudice s’élèverait à un ou deux milliards de dollars, selon les experts.
Le gouvernement a commencé à restituer les avoirs saisis mais il refuse de dédommager l’ensemble des épargnants.
Meksi exclut
de démissionner
«Nous ne prendrons pas en charge ces dettes. Aucun gouvernement démocratique ne le ferait. Ce serait tricher, actionner la planche à billets pour payer et provoquer une hyper-inflation», a déclaré le président Sali Berisha.
Le vice-premier ministre Tritan Shehu, qui préside le Parti démocratique, a invité le dirigeant du Parti socialiste (PSB, ex-communiste) Rexhep Majdani à le rencontrer mercredi pour discuter de la crise.
Les socialistes, qui boycottent le Parlement depuis les élections législatives de 1996, ont jusqu’à présent refusé de participer à des pourparlers avec le gouvernement.
Le président Berisha a reconnu samedi pour la première fois que le gouvernement avait commis des erreurs et prévenu trop tard les Albanais des risques attachés à ces fonds d’épargne incontrôlés.
Le chef de l’Etat a néanmoins exclu d’organiser des élections législatives anticipées pour résoudre la crise, et Meksi – qui a adopté une position «dure» tout au long de l’affaire – a clairement indiqué qu’il ne comptait pas démissionner.
«A l’heure actuelle, le seul moyen qu’aient les Albanais de récupérer leur argent (...) est de travailler en restant calmes», a-t-il dit.


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