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Actualités - Analyse

Revue hebdomadaire des marchés financiers Demande toujours nourrie de la livre

La détente intervenue depuis le début de l’année sur les taux d’intérêt libanais ne devait en rien compromettre la bonne tenue de la livre. De fait, la demande de celle-ci ne cesse d’augmenter, libérant une masse considérable de capitaux en devises longtemps détournée des placements en bons du Trésor libanais. Mais cette évolution n’a pas entraîné une sensible dépréciation du dollar dont les fluctuations à la baisse restaient confinées dans d’étroites limites grâce au système de cotation mis en place par la Banque du Liban (B.D.L.) depuis septembre dernier et qui consiste à élargir la marge de son intervention dans les deux sens pour mieux servir l’objectif de stabilité monétaire.
Dans ces conditions, le «billet vert» devait avoir régulièrement deux taux sur le marché, l’un indicatif et l’autre réel dont la différence pourrait refléter la propension à l’achat ou à la vente de la livre par les agents financiers. De ce fait, le dollar ne devait en aucun cas subir de fortes pressions tant que la B.D.L. restait prête à l’acheter au bas de sa fourchette d’intervention. Il en est de même de la livre qui bénéficie, si besoin est, du soutien de la B.D.L. au point haut de cette même fourchette d’intervention.
Ce schéma continue à prévaloir sur le marché libanais d’une semaine à l’autre, ramenant le dollar vendredi dernier entre 1544,00 et 1553,50 L.L. et à un taux moyen indicatif de 1548,75 L.L. contre 1544,50/1554,00 L.L. et un taux moyen indicatif de 1549,25 L.L. au vendredi 7 février, en léger repli de 0,03%, correspondant à la hausse de la livre libanaise. Toutefois, le dollar devait être pratiquement négocié sur le marché au bas de la fourchette d’intervention de la B.D.L., soit entre 1544,00 et 1544,25 L.L. à la fin de la semaine et à 1544,50 L.L. de mardi à jeudi avant l’abaissement par la B.D.L. de son taux à l’achat de 1544,50 à 1544,00 L.L., témoignant que le marché de Beyrouth restait «vendeur» du dollar.

Les craintes
d’intervention freinent l’ascension du dollar

A l’étranger, les marchés des changes interntionaux ont été partagés, la semaine dernière, entre les vertus d’un dollar fort, telles que prêchées par les hauts responsables américains, et la volonté affichée par les ministres des Finances du groupe des «Sept» à Berlin pour un dollar stable après «la correction des principales incohérences sur les marchés des changes» depuis avril 1995.
Bien que le groupe des «Sept» se soit défendu de s’être entendu sur des taux précis de fluctuation des monnaies, nombre de spéculateurs ont tenté de tester l’intention des autorités monétaires les plus concernées par ce sujet à savoir la Banque du Japon et la Bundesbank. En effet, des attaques à la baisse du yen et du deutsche mark ne tardaient pas à être signalées dès le début de la semaine avec à l’appui les données économiques des deux côtés de l’Atlantique et du Pacifique jouant en faveur du dollar. Mais, en contrepartie, des craintes d’interventions de banques centrales, notamment la Banque du Japon et la Bundesbank, pour contrecarrer toute volatilité exagérée des taux de change de leurs monnaies respectives, ont agi dans le sens contraire.
En effet, les conjectures selon lesquelles l’économie japonaise, comme l’économie allemande, a toujours besoin d’un dollar fort (à plus de 125,00 yen et de 1,70 D.M.) se sont heurtées à des prises de position de hauts responsables nippons et germaniques mettant en garde contre tout affaiblissement exagéré du yen et du deutsche mark. De ce fait, on commençait à craindre une attaque-éclair de banques centrales dès mardi et jusqu’à la fin de la semaine, empêchant le dollar de franchir les deux seuils critiques des 125,00 yen et 1,70 D.M. malgré les données favorables de l’économie américaine publiées depuis le début du mois. A cet égard, l’annonce vendredi dernier par la Réserve fédérale que la production industrielle américaine se serait maintenue en l’état le mois dernier, après une hausse de 0,5% en décembre, et que l’utilisation des capacités industrielles aurait reculé de 83,5% à 83,3% pendant la même période, excluant toute surchauffe inflationniste de l’économie, ne devait avoir aucun impact positif sur le dollar. Cela d’autant qu’on apprenait en plus que les prix à la production avaient diminué de 0,3% en janvier contre une hausse de 0,6% en décembre et que l’indice de sentiment des consommateurs établi par l’université de Michigan n’a pas varié, affichant 97,4 points en février comme en janvier.
Il en est de même de l’annonce tôt dans la semaine d’une augmentation de la productivité des Américains de 2,2% au quatrième trimestre 1996, comme au troisième, portant son taux de hausse sur toute l’année dernière à 0,8% contre à 0,3% en 1995, alors que la hausse du coût de travail s’était maintenue à 2,9% au rythme annuel en 1996 comme en 1995, témoignant de la croissance non-inflationniste de l’économie américaine.
Mais malgré tous ces atouts qui ont tiré l’indice Dow Jones à Wall Street à un record absolu de hausse jamais connu de 7000 points, le dollar devait trébucher aux deux seuils des 125,00 yen et de 1,70 D.M. dans la crainte d’une intervention de banques centrales. C’est ainsi qu’il s’est négocié à New York en hausse mais au-dessous de ces deux seuils, pour clôturer vendredi à 1,6880 D.M. contre 1,6615 au vendredi 7 février (+1,59%), à 124,30 yen contre 123,20 (+0,89%), à 1,4645 F.S. contre 1,4305 (+2,38%), à 5,6905 F.F. contre 5,6010 (+1,6%), à 1662,50 lires contre 1626,00 (+2,24%) et à 1,6235 pour un sterling contre 1,6290 (+0,34%).

Reprise
de l’or

Les attaques à la baisse de l’or, observées au début de la semaine, ne tardaient pas à se relâcher dès son milieu, cédant la place à la veille d’un long week-end aux Etats-Unis pour le «President’s Day» à des rachats de découvert. En effet, l’once du métal fin a progressé, vendredi dernier, à New York, à 347,80 dollars contre 343,30 au vendredi 7 février, en hausse de 1,31% en moyenne.

Quant à l’argent-métal, il a accéléré son mouvement ascensionnel sur une demande spéculative touchant les métaux blancs, dont le platine et le palladium. Il a bondi ainsi, à New York, vendredi dernier à 5,2410 dollars l’once contre 4,9280 au vendredi 7 février, en forte hausse de 6,35% en moyenne.

Elie KAHWAGI
La détente intervenue depuis le début de l’année sur les taux d’intérêt libanais ne devait en rien compromettre la bonne tenue de la livre. De fait, la demande de celle-ci ne cesse d’augmenter, libérant une masse considérable de capitaux en devises longtemps détournée des placements en bons du Trésor libanais. Mais cette évolution n’a pas entraîné une sensible dépréciation du dollar dont les fluctuations à la baisse restaient confinées dans d’étroites limites grâce au système de cotation mis en place par la Banque du Liban (B.D.L.) depuis septembre dernier et qui consiste à élargir la marge de son intervention dans les deux sens pour mieux servir l’objectif de stabilité monétaire.Dans ces conditions, le «billet vert» devait avoir régulièrement deux taux sur le marché, l’un indicatif et l’autre...