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Actualités - Chronologie

La culture en colère


PARIS, 13 Février (Reuter). — Cent cinquante-cinq écrivains ont rejoint jeudi les cinéastes qui appellent à la désobéissance contre les lois sur l’immigration, le jour même où plusieurs centaines d’intellectuels, souvent les mêmes, manifestaient à Toulon leur hostilité au Front national.
Cette mobilisation d’intellectuels français, à la fois contre la politique gouvernementale et contre l’extrême-droite, a amené l’animateur de France 2 Bernard Pivot à bouleverser le programme de l’émission culturelle phare de la chaîne, «Bouillon de culture», diffusée le vendredi.
Sous le titre «La culture en colère», une dizaine d’invités débattront de ce regain d’activisme, conséquence de l’onde de choc provoquée par la victoire du FN dimanche à l’élection municipale de Vitrolles.
Le gouvernement, par la voix du Garde des Sceaux Jacques Toubon, a jugé «inadmissible» l’appel à la désobéissance des cinéastes et des écrivains.
Mais le ministre de la culture, Philippe Douste-Blazy, soutient le combat des intellectuels pour la défense du centre culturel de Châteauvallon, symbole de la résistance au «lepénisme» depuis l’élection d’un maire FN à Toulon en 1995.
Reflet de cet embarras gouvernemental, l’UDF a réprouvé jeudi l’appel au boycottage des lois sur l’immigration mais a soutenu les manifestations de Toulon et de Châteauvallon contre le FN. «L’UDF dénonce l’idéologie du Front national, une idéologie dangereuse sur le plan des libertés», a déclaré Pierre-André Wiltzer, porte-parole de la confédération.

Examen de conscience

Pour sa part, le Parti socialiste, ui accusait lundi le gouvernement de «parler le Le Pen sans peine» à propos de l’immigration, pesait encore jeudi sa réaction à l’appel au boycottage les lois Debré et Pasqua.
Le PS s’est élevé contre ces lois mais aborde avec prudence deux thèmes — la sécurité et l’immigration — sur lesquels il ne fixera sa position que dans les prochaines semaines, dans la perspective des législatives de 1998.
Martine Aubry, ancien ministre socialiste, s’est réjouie que des intellectuels s’opposent à une loi «totalement inique» mais a précisé ne pas pouvoir totalement adhérer «à des signatures qui portent aétteinte à la loi».
La victoire électorale du FN à Vitrolles a en tout cas incité les états-majors des partis «classiques», de gauche et de droite, à un examen de conscience.
André Rossinot, président du Parti radical, composante de l’UDF, a souhaité que la majorité clarifie sa position face au FN avant les législatives.
Le président de l’UDF, François Léotard, a pour sa part déclaré vouloir s’engager «physiquement» dans le combat contre le Front national en se présentant comme tête de liste dans le Var aux élections régionales de 1998.
Les états-majors politiques ne sont pas les seuls à se demander comment contenir le FN: cinq syndicats de policiers — FASP, CGT, SNOP, CFDT, SNAP-FNAP — ont annoncé qu’ils créaient un «comité syndical contre les extrémismes» anfin de «lutter contre ce fléau au sein de la police nationale».
A Strasbourg, pétitions et projets de manifestations se multiplient dans les milieux politiques, syndicaux et culturels à l’approche du congrès du FN prévu dans la capitale alsacienne pendant le week-end de Pâques, les 29, 30 et 31 mars.
PARIS, 13 Février (Reuter). — Cent cinquante-cinq écrivains ont rejoint jeudi les cinéastes qui appellent à la désobéissance contre les lois sur l’immigration, le jour même où plusieurs centaines d’intellectuels, souvent les mêmes, manifestaient à Toulon leur hostilité au Front national.Cette mobilisation d’intellectuels français, à la fois contre la politique gouvernementale et contre l’extrême-droite, a amené l’animateur de France 2 Bernard Pivot à bouleverser le programme de l’émission culturelle phare de la chaîne, «Bouillon de culture», diffusée le vendredi.Sous le titre «La culture en colère», une dizaine d’invités débattront de ce regain d’activisme, conséquence de l’onde de choc provoquée par la victoire du FN dimanche à l’élection municipale de Vitrolles.Le gouvernement, par la...