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Actualités - Chronologie

Ouverture du procès en béatification du père Popieluszko

VARSOVIE, 11 Février (AFP). — Le cardinal Jozef Glemp, primat de Pologne, a solennellement ouvert à Varsovie le procès en béatification du père Jerzy Popieluszko, assassiné par la police politique en 1984, en déclarant que sa mort «avait eu une dimension religieuse».
Au moment de la tragédie, «les fidèles avaient justement senti que, en dépit d’un contexte de lutte sociale et d’affrontements politiques, au milieu desquels se trouvait prétendument le père Popieluszko, sa mort avait une dimension religieuse, qu’elle était ancrée dans son amour pour le Christ présent dans l’Eglise», a dit Mgr Glemp en l’église Saint-Stanislas, auprès de laquelle se trouve la tombe de l’ancien aumônier de Solidarité.
Aux termes du droit canon, le martyre d’une personne peut être invoqué pour sa béatification uniquement s’il avait été subi en défendant la foi en Dieu.
Des représentants du syndicat Solidarité de toute la Pologne, des sidérurgistes casqués, dont le père Popieluszko avait jadis été aumônier et des mineurs en uniforme de gala, ont assisté à la cérémonie, ainsi que les vieux parents du prêtre.
Le procès, qui a commencé devant le tribunal archidiocésain spécialement constitué à cet effet, «doit prouver, à travers les preuves et les témoignages recueillis, que la mort, devant laquelle n’avait pas reculé le père Popieluszko, avait son fondement dans la foi de l’Eglise», a dit Mgr Glemp.
«Mais il y a eu bien des tentations d’utiliser le martyre de ce prêtre comme une base politique. La question n’est ni simple ni facile», a-t-il estimé. «Le patriotisme, auquel nous nous référions et nous référons tous, peut être fondé aussi bien sur l’amour évangélique que sur des intérêts politiques immédiats», a poursuivi le cardinal Glemp, déplorant qu’une formation politique avait mis la photo de Popieluszko sur ses tracts électoraux.

Pas de
vérités faciles

«L’Eglise ne cherche pas des vérités faciles sur la sainteté», a encore dit le primat, rappelant que l’Eglise connaissait deux sortes de saints: «Ceux qui consacrent à Dieu tout le travail de leur vie et ceux qui choisissent de mourir pour rester fidèles au Christ». Il a placé le père Popieluszko dans la deuxième catégorie, rappelant d’autres saints martyrs polonais, de saints Adalbert et Stanislas, jusqu’à saint Maximilien Kolbe, mort dans une chambre à gaz allemande pour sauver la vie à un père de famille.
Les membres du tribunal archidiocésain ont prêté serment en latin et l’ecclésiastique chargé de présenter la cause (postulator), le père Zdzislaw Krol, a indiqué que lors de ses prochaines séances, il allait entendre une cinquantaine de témoins, dont «certains ayant assisté à son martyre».

Les auteurs de
l’assassinat
déjà en liberté

Tous les policiers ayant participé directement à l’assassinat ont purgé tout ou partie de leur peine et se trouvent actuellement en liberté. Il peut s’agir également du chauffeur du prêtre qui avait échappé à ses ravisseurs.
Tous les travaux du tribunal doivent se dérouler à huis clos, sauf la séance de clôture avant l’expédition du dossier au Vatican qui doit prendre la décision finale.
L’église Saint-Stanislas était remplie de fidèles et de curieux, dont beaucoup avaient connu le père Popieluszko lorsqu’il y célébrait ses «messes pour la patrie».
«Cette journée est pour moi une très grande joie, plus grande que je n’ai jamais imaginée», a dit Leon Lochowski, moustachu quinquagénaire qui dirige la chorale de la paroisse.
«Nous n’avons jamais vu le père Popieluszko, nous étions trop jeunes», ont déclaré Monika, 17 ans et Dorota, 16 ans. «Mais nos parents nous en ont beaucoup parlé comme d’un homme très bon et chaleureux et notre grand-mère assiste aux prières à son intention depuis trois jours. Donc nous sommes venues, d’autant plus volontiers que notre soirée disco avait été annulée».
VARSOVIE, 11 Février (AFP). — Le cardinal Jozef Glemp, primat de Pologne, a solennellement ouvert à Varsovie le procès en béatification du père Jerzy Popieluszko, assassiné par la police politique en 1984, en déclarant que sa mort «avait eu une dimension religieuse».Au moment de la tragédie, «les fidèles avaient justement senti que, en dépit d’un contexte de lutte sociale et d’affrontements politiques, au milieu desquels se trouvait prétendument le père Popieluszko, sa mort avait une dimension religieuse, qu’elle était ancrée dans son amour pour le Christ présent dans l’Eglise», a dit Mgr Glemp en l’église Saint-Stanislas, auprès de laquelle se trouve la tombe de l’ancien aumônier de Solidarité.Aux termes du droit canon, le martyre d’une personne peut être invoqué pour sa béatification uniquement...