Le premier ministre Jean-Luc Dehaene, qui avait rejeté l’idée d’une chute du gouvernement sur ce dossier au moment où le pays entame la dernière ligne droite vers la monnaie unique, a ainsi obtenu gain de cause en dépit d’un torrent de critiques.
Les sociaux-chrétiens de la coalition avaient exigé la mise en congé de ce cacique socialiste soupçonné d’avoir accepté pour son parti un pot-de-vin de 30 millions de francs belges de l’avionneur français après la conclusion d’un marché de modernisation électronique des avions de chasse de l’armée.
L’affaire a également suscité d’importants remous au sein du PS, où la génération montante et la vieille garde s’opposent.
Dassault et Guy Spitaels démentent toute malversation, mais le Parlement wallon a estimé qu’une levée limitée de son immunité et sa mise à l’écart partielle de son poste de président de l’assemblée régionale s’imposait pour permettre à l’ex-président du PS de 1981 à 1992 de répondre aux enquêteurs.
Le président des sociaux-chrétiens flamands (CVP), Marc Van Peel, dont la réaction était cruciale pour l’avenir de la coalition, a saisi l’occasion de décréter la crise résolue.
«Je suis très satisfait de la solution trouvée», a-t-il déclaré à la télévision BRTN en parlant de «signal important».
Le compromis trouvé — Guy Spitaels se mettra en congé partiel de son institution, qu’il ne présidera plus jusqu’au 30 juin, mais dont il continuera à assurer la gestion — a toutefois fait l’objet d’un impressionnant tir de barrage jeudi.
Les éditorialistes de la presse flamands tirent à boulets rouges sur des socialistes qui ne parviennent pas à se séparer de la vieille garde du parti mêlée à des pratiques troubles et les quotidiens francophones ne sont guère plus tendres.
Le quotidien «La Libre Belgique» s’indigne ainsi de cette «lamentable mascarade», de ce «marchandage politicien qui insulte les citoyens», les sociaux-chrétiens ayant reculé devant la «perspective d’une crise».


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