Un responsable du ministère de l’Environnement à Bonn a confié à Greenpeace que l’Etat de Baden-Wuerttemburg a informé le ministère de l’Environnement libanais que l’opération de rapatriement des 36 conteneurs de déchets plastiques toxiques envoyés à Beyrouth sera financée par le Fonds allemand de solidarité pour la réexportation des déchets. Ce fonds a été créé par l’association des industriels allemands pour financer les opérations de retour des déchets dont les sociétés s’en sont débarrassés illégalement en les exportant dans des pays en développement. «Les autorités de Baden-Wuerttemberg n’ont pas réussi à informer Bonn de la quantité des déchets ni du coût de l’opération de réexportation et de ce qu’il adviendra de ces déchets en Allemagne. Ceci devrait cependant se faire dans les prochains jours», a affirmé ce même responsable à Greenpeace.
Les 560 tonnes de déchets plastiques proviennent d’une compagnie de Philippsburg dans l’Etat de Baden-Wuerttemburg. Cette compagnie et une autre qui s’est chargée de l’exportation sont en faillite.
Le même responsable à Bonn à réaffirmé à Greenpeace que les autorités allemandes sont disposées à rapatrier les 36 conteneurs.
«Nos experts ont confirmé les rapports des autorités libanaises qui ont souligné que les déchets ne pouvaient être recyclés au Liban et devront être ramenés en Allemagne». «C’est une question de temps. Nous pressons les Libanais de se montrer patients», a-t-il dit.
M. Fouad Hamdane, porte-parole du mouvement écologique Greenpeace à Beyrouth s’est dit heureux d’apprendre que l’Allemagne est déterminée à récupérer très bientôt les déchets toxiques. Cette opération constituera un événement historique et un précédent positif. Ce sera la première fois que le Fonds allemand financera une telle opération.
En octobre dernier, rappellet-t-on, le mouvement Greenpeace avait aidé à la découverte du scandale des déchets toxiques. En collaboration avec des experts allemands venus de Stuttgart, Greenpeace a inspecté en novembre dernier les conteneurs entreposés au port de Beyrouth.
Les 36 conteneurs ont été exportés par la compagnie «RC-GMBH Reinfenrecycling». Cette compagnie appartient à Bernd Bretzing, placé en détention préventive en Allemagne en août dernier pour s’être débarrassé illégalement de déchets en Allemagne.
Les autres inculpés dans cette affaire sont Freim Beinoh, un homme d’affaires libanais qui se trouve à Moscou, et Mashor Ureiqat, patron de la société «International Trade and Finance» établie à Saulheim en Allemagne, Ureiqat est un allemand d’origine jordanienne.
Un premier lot de 15 conteneurs, envoyés au Liban via la Belgique, est arrivé à Beyrouth le 2 août dernier. Les 21 autres conteneurs ont été envoyés au Liban via les Pays-Bas et sont arrivés au port de Beyrouth vers le 20 du même mois.
La cargaison a été officiellement déclarée comme étant de la matière première. Elle était destinée à la compagnie «Georges Freiha et fils». Mais le 8 août 1996, la compagnie susmentionnée a refusé de réceptionner la cargaison après avoir inspecté le premier lot de marchandise au port de Beyrouth. Elle s’était rendu compte qu’elle avait été trompée à ce niveau.
L’étude de Greenpeace, publié en novembre dernier, a prouvé que l’importation des 36 conteneurs constitue une opération illégale selon les législations allemande et européenne en vigueur. Elle constitue également une opération frauduleuse en vertu de la convention de Bâle de 1994. Les documents de transbordement n’ont pas mentionné la véritable qualité de la marchandise. Cette opération a eu lieu également sans le consentement des autorités libanaises.
Par ailleurs, le communiqué de Greenpeace a rappelé que deux conteneurs de déchets toxiques en provenance de Belgique attendent toujours au port de Beyrouth depuis l’automne dernier pour être rapatriés bien que la compagnie belge responsable se soit engagée à les réexporter.

