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Actualités - Conferences Internationales

La mondialisation de l'économie se poursuit

DAVOS (Suisse), 4 Février (AFP). — La mondialisation de l’économie se poursuit sans tensions protectionnistes ni craintes démesurées sur la solidité du système financier et monétaire international, ont estimé les participants au Forum économique mondial de Davos.
Mais le processus de mondialisation et les nouvelles technologies posent de nouveaux défis à la cohésion sociale et continuent d’entraîner des réactions de rejet. Le financement à l’avenir des systèmes de protection sociale n’est assuré ni dans les pays industrialisés ni dans ceux en développement.
«Il y a un sentiment réel de confiance» mêlé de «vigilance», a déclaré le sénateur américain du New Jersey Bill Bradley, rendant compte des entretiens très discrets d’un petit groupe de décideurs politiques, monétaires ou industriels à Davos, en marge du programme officiel du Forum.
M. Bradley a noté que «pour la première fois» il n’avait entendu personne exprimer de véritables craintes concernant le protectionnisme.
«Une large majorité de participants ne remet pas en cause les bénéfices d’un système commercial ouvert», a-t-il souligné.
Les participants ont estimé qu’un nouveau cycle de négociations commerciales internationales devrait porter sur l’investissement, les politiques de concurrence et l’environnement.
Ils ont jugé aussi que les nouveaux ensembles régionaux comme le NAFTA (Mexique, USA, Canada) «ne se construisent pas en opposition au système commercial multilatéral mais le renforcent».
Quant au système financier international, les participants sont confiants dans la capacité des mécanismes à «gérer les crises», a indiqué M. Bradley. La communication en temps réel permet d’injecter suffisamment de liquidités en temps de crise pour éviter des mouvements de panique, a-t-il fait valoir.
Le prochain démarrage de l’Union économique et monétaire européenne est un élément «positif qui va accroître la stabilité» du système financier, grâce à l’émergence de l’euro qui deviendra la deuxième monnaie de réserve avec quelque 26% des réserves monétaires, a souligné M. Bradley. Certains participants ont toutefois redouté que les investisseurs se détournent du dollar, ce qui «pourrait avoir un effet déstabilisateur». D’autres ont craint des tensions en cas de ralentissement économique entre la Banque centrale européenne, gardienne de la rigueur monétaire, et les gouvernements, tentés de dépenser plus pour relancer la machine.
Dans l’ensemble les risques de crise sont «bien moindres», mais ne sont pas absents.

Défi à la cohésion sociale

Les responsables politiques qui participaient aux sessions de «remue-méninges» privées ont ainsi clairement exprimé le sentiment que «les citoyens ont peur de la mondialisation».
Le chef de la puissante fédération des syndicats américains AFL-CIO John Sweeney a averti les hommes d’affaires réunis à Davos qu’ils risquaient «un hideux choc en retour» s’ils continuaient à privilégier la recherche de la productivité au détriment des avantages sociaux.
Et le secrétaire adjoint au Trésor américain Larry Summers a déclaré que le rôle des gouvernements était de «s’assurer que personne ne reste sur le bord de la route».
Plusieurs participants ont aussi rappelé que 3 milliards de personnes vivaient avec moins de 2 dollars par jour.
L’informatisation croissante de la société pose un nouveau défi à la cohésion sociale: 500 millions d’ordinateurs sont installés dans le monde et effectuent des tâches à la place des hommes.
Autre sujet d’inquiétude: les Européens accusent un «déficit technologique»: ils achètent des ordinateurs mais utilisent peu les nouvelles technologies en réseau. Et ils vont être dépassés par les pays émergents pour les achats de micro-ordinateurs.
Quant aux systèmes de protection sociale, ils seront sérieusement mis à l’épreuve par l’évolution démographique. «Il y a deux mondes, un monde âgé, riche et en croissance lente et un monde jeune, pauvre et en croissance rapide», a souligné M. Bradley.
Mais le taux de fertilité, qui va tomber de 2,8 en 1996 dans les pays industrialisés à 1,7 en 2020, recule également rapidement dans les pays en développement, alors que l’espérance de vie s’accroît.
«Cela signifie que les pays en développement vont connaître les mêmes problèmes pour financer leurs systèmes de sécurité sociale», selon M. Bradley.
La réponse est dans l’accroissement de l’épargne, soit en réduisant les déficits budgétaires pour dégager de nouvelles ressources d’investissement soit par «l’accélération de la croissance mondiale grâce aux transformations technologiques» ou une combinaison des deux, selon les participants.
DAVOS (Suisse), 4 Février (AFP). — La mondialisation de l’économie se poursuit sans tensions protectionnistes ni craintes démesurées sur la solidité du système financier et monétaire international, ont estimé les participants au Forum économique mondial de Davos.Mais le processus de mondialisation et les nouvelles technologies posent de nouveaux défis à la cohésion sociale et continuent d’entraîner des réactions de rejet. Le financement à l’avenir des systèmes de protection sociale n’est assuré ni dans les pays industrialisés ni dans ceux en développement.«Il y a un sentiment réel de confiance» mêlé de «vigilance», a déclaré le sénateur américain du New Jersey Bill Bradley, rendant compte des entretiens très discrets d’un petit groupe de décideurs politiques, monétaires ou industriels à...