«D’abord la démocratisation et ensuite le règlement des problèmes concrets», a déclaré M. Djindjic dans une interview publiée par le quotidien belgradois «Demokratija».
C’est la première fois depuis le début de la crise politique que l’opposition présente les grandes lignes d’un programme en vue des élections législatives et présidentielle qui doivent avoir lieu avant fin 1997 en Serbie.
«Lorsque les réformes politiques auront été faites, les gens se rendront compte qu’il faut également avoir un salaire. La Serbie aura alors besoin d’un statut spécial et c’est ce que j’ai défendu auprès de mes interlocuteurs européens», a déclaré M. Djindjic de retour d’une tournée dans plusieurs pays européens.
L’économie serbe a été ruinée par l’effort de guerre puis les sanctions internationales qui ont frappé la Yougoslavie (RFY - Serbie et Monténégro).
Ce statut spécial serait accordé par l’Union européenne à la Serbie dès que des réformes démocratiques auraient été réalisées, a-t-il expliqué.
Concernant le Kosovo — deux millions d’habitants dont 90% d’Albanais de souche qui réclament l’indépendance — M. Djindjic prône un «compromis politique».
«Le Kosovo est le problème dont il faudra s’occuper immédiatement après la démocratisation et le redressement économique», a estimé le président du Parti démocrate (DS), l’une des trois composantes de la coalition «Ensemble».
«Dans le cadre du respect de la Constitution, nous sommes prêts à définir par le biais d’un processus politique démocratique un degré d’autonomie (pour les Albanais) qui ne menacera pas l’Etat», a-t-il dit. Il s’est prononcé en faveur de «droits véritables» pour les Albanais.
Le statut d’autonomie du Kosovo a été annulé en 1989 par le régime du président Slobodan Milosevic.
M. Djindjic a appelé l’opposition albanaise au Kosovo à s’abstenir «d’entraver» le processus de démocratisation en Serbie.
Il craint que le régime serbe ne soit tenté d’utiliser le prétexte d’un regain de tension au Kosovo pour étouffer le mouvement de contestation en Serbie.
Trois Albanais, proches des autorités serbes, ont été tués dans la première quinzaine de janvier au Kosovo dans une vague d’attentats revendiqués par une organisation clandestine «l’Armée de libération du Kosovo». Le recteur serbe de l’université de Pristina, chef lieu du Kosovo, a également été grièvement blessé par l’explosion d’une voiture piégée.
Trois autres Albanais ont été tués par balles dans des circonstances encore non élucidées, au cours du week-end au Kosovo, a-t-on appris auprès d’organisations locales albanaises.


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