Ces travaux sont présentés dans une aile désaffectée d’un camp militaire au centre de Téhéran, où vécurent un grand nombre de prisonniers de la guerre Iran-Irak (1980-88).
Les objets exposés s’inspirent souvent du fondateur de la république islamique, l’ayatollah Ruhollah Khomeiny, et font une large place à la dénonciation des ennemis de l’Iran, les Etats-Unis et Israël.
Un bas-relief représente par exemple un combattant iranien, brandissant le Coran dans une main et un drapeau de «l’internationale islamique» dans l’autre, placé à la tête de Palestiniens et de militants musulmans déterminés à combattre «l’oppression mondiale».
Des fresques murales retracent des scènes didactiques de prisonniers parvenant à la «conscience politique», embrassant la doctrine chiite et prêts à se sacrifier pour elle.
Sur un mur, une douzaine de peintures illustrent sous forme chronologique les diverses phases de l’évolution d’un prisonnier, de son «état animal» présumé jusque vers l’idéal moral de la révolution islamique.
Une créature mi-homme mi-cheval est ainsi représentée se débarrassant de sa partie animale pour s’envoler vers le mausolée de l’imam Khomeiny, afin de s’adonner à la contemplation et dédier sa vie à la révolution.
A l’intérieur du bâtiment, d’innombrables tableaux montrent des Irakiens se prosternant devant l’imam Khomeiny, ou portant son portrait à la place du cœur.
Une bibliothèque contient également des cahiers de notes attribués à des prisonniers irakiens, faisant l’apologie de la doctrine chiite et dénonçant le régime irakien.
«Un prisonnier derrière les barbelés, loin de sa famille et de ses racines, n’a plus que Dieu comme option», affirme le secrétaire de la commission iranienne pour les prisonniers de guerre, Asgar Ruhnavaz, organisateur de cette exposition.
Figurants politiques
On peut également consulter une série de pièces de théâtre politiques, écrites et jouées en captivité. Une scène a été conservée, où des mannequins figurent quatre dirigeants arabes honnis par la République islamique d’Iran, le président irakien Saddam Hussein, le chef de l’OLP Yasser Arafat, le roi Fahd d’Arabie Séoudite et le roi Hussein de Jordanie.
Selon des officiers iraniens, quelque 12.000 prisonniers irakiens, soit un quart de tous ceux capturés durant la guerre, auraient choisi de demander l’asile politique à l’Iran. Un grand nombre d’entre eux aurait participé au soulèvement dans le sud chiite de l’Irak, qui a suivi la guerre du Golfe en 1991.
Dans une salle, des couvertures portant la signature de prisonniers demandant à être autorisés à combattre «l’infidèle» Saddam Hussein sont exposées.


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