Des responsables palestiniens et arabes israéliens ont dénoncé la poursuite de travaux israéliens autour de l’Esplanade des Mosquées dans le but d’ouvrir un «parc archéologique».
Un tel parc, selon eux, vise, comme d’autres projets de développement, à renforcer le contrôle israélien sur Jérusalem-Est, au cœur de laquelle se trouvent la Vieille ville et l’Esplanade des deux mosquées al-Aqsa et le Dôme du Rocher.
Ils avaient même exprimé la crainte qu’al-Aqsa, troisième lieu saint de l’islam, ne s’effondre si les autorités israéliennes poursuivaient le dégagement de tunnels sous l’édifice.
Mais sur ce point précis, ils n’ont pu justifier leurs inquiétudes lors d’une visite organisée mercredi à l’intention de la presse sur le site.
Un passage qui daterait du temple juif de l’époque romaine est difficile d’accès, personne ne l’ayant emprunté apparemment depuis le début des fouilles archéologiques entreprises par Israël au lendemain de la conquête du secteur arabe de Jérusalem, en juin 1967.
Seuls sept mètres de long sont visibles, le reste, soit cinq mètres continuant sous l’Esplanade des Mosquées, ayant été obstrué par les archéologues israéliens à l’époque.
C’est paradoxalement contre cette obstruction que s’élève le guide, le maire de la ville arabe israélienne d’Oumm el-Fahm (nord d’Israël), M. Raad Salah. «Ils l’ont fait exprès pour que l’on ne sache pas où le tunnel mène et par ailleurs, n’importe qui peut venir ôter ces pierres», a accusé ce membre du Mouvement islamique, une organisation intégriste.
«Les autorités israéliennes doivent savoir qu’al-Aqsa n’appartient pas seulement au peuple palestinien mais à plus d’un milliard de musulmans dans le monde», a souligné M. Salah. «Toute atteinte à ce lieu vénéré provoquerait une explosion de colère», a-t-il prévenu.
Le précédent de septembre
Pour sa part, le président du comité de préservation de l’héritage de la mosquée al-Aqsa, cheikh Najeh Bkeirat, a raconté que des photos des tunnels avaient été découvertes par hasard il y a deux semaines lors d’une promenade autour des mosquées.
Avant l’excursion de M. Salah, le département israélien des Antiquités responsable des fouilles a organisé pour une commission parlementaire sa propre visite des lieux pour montrer que «les allégations sur la construction de tunnels sont dénuées de tout fondement», selon les dires du directeur de ce département, M. Amir Drori.
«Une partie du système souterrain de canalisation d’eau a été mise au jour dans les années 70, mais elle a été bouchée depuis et nous n’avons aucune intention de reprendre les travaux», a affirmé M. Roni Reich, le responsable des fouilles.
A proximité de l’entrée du tunnel, un groupe d’Israéliens effectuent des travaux de soubassement.
«Nous appartenons à l’unité de préservation du département des antiquités, et comme vous le voyez, jusqu’à aujourd’hui personne n’a pénétré dans le «tunnel» depuis des décennies», affirme Eyal, en désignant les herbes sauvages qui bouchent l’accès du tunnel.
En septembre dernier, le creusement d’un nouvel accès à un tunnel longeant l’Esplanade des Mosquées avait provoqué les plus violentes émeutes qu’aient connues les territoires palestiniens depuis 1967. Plus de 70 Palestiniens et 15 soldats israéliens ont été tués.


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