KHARTOUM, 20 Janvier (AFP). — Le Soudan a accusé l’Ethiopie d’avoir exécuté des prisonniers de guerre capturés près de la ville frontalière de Kurmuk (Est), a rapporté lundi le quotidien gouvernemental Al Sudan al-Hadith.
Le journal, citant une «source informée» non identifiée, indique que les soldats éthiopiens avaient capturé 160 lycéens ainsi que le gouverneur de la province de Kurmuk Yakoub Hussein et des civils après avoir pris la ville le 12 janvier.
«Les soldats éthiopiens ont trié les prisonniers de guerre et en ont immédiatement tué plusieurs» après les avoir conduits de l’autre côté de la frontière en Ethiopie, poursuit le quotidien.
Le journal ne précise pas le nombre de personnes tuées ni leurs identités.
Le ministre du Gouvernement fédéral Ali al-Hajj Mohammad avait affirmé samedi que M. Hussein figurait parmi les sept à dix-sept personnes capturées par les soldats éthiopiens.
Selon le quotidien, la moitié des prisonniers de guerre capturés par l’Ethiopie, tous originaires de Kurmuk (15.000 habitants), étaient des filles.
«Les Tigréens (ethnie au pouvoir en Ethiopie) représentaient 80% des soldats envahisseurs éthiopiens, ajoute le journal. Dès leur entrée dans Kurmuk, ils ont empêché les civils de quitter la ville pour les utiliser comme boucliers humains».
Al Sudan al-Hadith rapporte également que l’armée soudanaise et les milices paramilitaires des Forces de défense populaires (FDP) avaient effectué dimanche «une avancée considérable pour approcher Kurmuk et Qeissan», l’autre ville que Khartoum accuse l’Ethiopie d’avoir prise le 12 janvier.
«Les traîtres abyssiniens»
«Les soldats tigréens ont été obligés de battre en retraite par les soldats soudanais (...) déterminés à libérer chaque pouce de leur territoire de l’obscénité tigréenne», poursuit le journal.
Des convois alimentaires et de «moudjahidine» (combattants de la foi) envoyés à Damazin, capitale du Nil bleu où est situé le complexe hydroélectrique alimentant Khartoum, ont été reçus chaleureusement par la population aux cris de «Allah akbar» (Dieu est le plus grand), selon le journal.
Les «moudjahidine» ont juré de libérer Kurmuk et Qeissan «des traîtres abyssiniens (les Ethiopiens) et des renégats (l’opposition soudanaise)», affirme le quotidien.
La télévision d’Etat a montré dimanche l’arrivée triomphale d’un convoi similaire à Kassala, capitale de l’Etat du même nom frontalier de l’Erythrée où se déroulent également des combats.
Par ailleurs, le président soudanais Omar al-Béchir a publié un décret nommant un civil jusqu’alors inconnu, Omar Abdoul Maarouf Majzoub, ministre d’Etat à la Défense, et Abou Bakr Yahiya al-Fadil, ancien ministre de l’Etat de Gézira, comme ministre d’Etat aux Finances.


À Verdun, un « sommet spirituel » pour préserver l’unité nationale... et donner un coup de pouce au pouvoir